23.12.2010
Agoraphobie et douance
Voici trois lignes que j'ai prises dans une note du blog de Raymonde Hazan.
"Finalement, nous arrivons à la conclusion, encore à confirmer, que les agoraphobes seraient des surdoués refoulés.
Refoulé : qui ne s’accepte pas, qui lutte pour être comme les autres et évidemment n’y parvient pas, et qui s’acharne dans une «foule-de–RE», recommencer, ressayer, redire, etc…"
Je pense que Raymonde Hazan a raison. Lorsqu'on est surdoué on devient agoraphobe à cause de notre tendance à vouloir être et faire comme les autres et à ne pas y arriver. Cette envie d'être et d'agir comme tout le monde et le fait de ne jamais y parvenir génèrent de grosses angoisses. On se demande pourquoi on est les seuls à être incapables de faire les choses dites simples et courantes.
C'est très angoissant de se dire que même si on met toute notre volonté et toute notre énergie dans cette lutte pour faire et pour être comme les autres, on n'y arrive pas. On se sent alors faible et vulnérable et on laisse les autres nous marcher dessus. On se dit qu'on n'est vraiment pas à la hauteur et qu'il doit vraiment y avoir quelque chose de grave chez nous pour que rien ne fonctionne "correctement".
On perd peu à peu confiance en nous et on laisse l'angoisse nous envahir. On reste de plus en plus à l'écart puisqu'on n'est pas capable d'être comme les autres. Et plus on reste à l'écart, plus on est angoissé à l'idée de retourner dans un groupe. L'anxiété s'installe alors et nous devenons agoraphobes.
Si l'on regarde mon parcours, j'ai essayé de tout faire comme les autres: Avoir beaucoup d'amis, aimer l'école, passer mon bac, aller à l'université, trouver un emploi, travailler, etc...
J'ai eu beaucoup de peine lors de mes années de gymnase (lycée), parce que j'avais beaucoup de difficulté à comprendre comment les autres faisaient. Cela me perturbait tellement de ne pas arriver à me comporter comme eux que j'ai fini par les éviter. On m'appelait la fille mystère ou le fantôme, tellement j'évitais les groupes. J'avais un ami, un surdoué je pense, avec qui je pouvais parler. Les profs le prenaient pour un guignol et je pense que faire le clown était sa façon à lui de gérer le stress et les autres.
Je n'ai pas réussi à gérer les autres et le stress. Je voulais tellement être comme mes camarades de classe, qui avaient de bonnes techniques pour apprendre leurs cours et qui semblaient ne pas être stressés par leur avenir.
L'avenir m'angoissait et je ne comprenais pas pourquoi j'étais incapable de vivre au jour le jour comme mes camarades le faisaient si bien.
Je luttais pour être comme eux et je n'y arrivais pas ce qui augmentait encore mon anxiété qui était déjà alimentée par la peur de l'avenir.
A 18 ans, j'étais une boule de stress et d'angoisse générée par cette incapacité à être comme les autres.
Je pense que la pédopsychologue, ma mère et mes profs avaient remarqué que je n'étais pas comme les autres, malheureusement, ils ont fait un très mauvais choix pour m'aider à rentrer dans le moule, ils m'ont poussée dans l'enfer de la psychiatrie.
Je ne savais pas à l'époque que mon incapacité à être comme les autres venait de ma différence, de ma douance.
Maintenant que je sais qui je suis, je sais que je ne pourrai jamais être comme tout le monde. Et cette connaissance de ma différence change tout en matière d'anxiété, d'attaque de panique et d'agoraphobie.
Je ne cherche plus à être comme mon entourage voudrait que je sois, je ne cherche plus à coller aux standards ou encore à être comme tout le monde. Je reprends petit à petit confiance en moi en acceptant qui je suis.
En acceptant ainsi ma différence et mon mode de fonctionnement, j'ai fait reculer l'angoisse.
A mon avis, Raymonde Hazan a en partie raison quand elle dit que les agoraphobes sont des surdoués refoulés. Je pense que ce serait plus juste de dire que les surdoués refoulés deviennent agoraphobes, car tous les agoraphobes ne sont pas des surdoués refoulés. Par contre, je suis certaine que tous les agoraphobes sont des êtres qui refoulent leur vrai moi pour essayer de coller au moule.
13:52 Publié dans Surdoué | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : douance, surdoué, angoisse, anxiété, peur, antidépresseur, anxiolytique
21.12.2010
Les dépendances et la psychiatrie
Qu'est-ce que la dépendance?
Pourquoi parle-t-on de dépendance psychologique, de dépendance physique ou encore de dépendance récréative?
En ce qui concerne les médicaments psychotropes, trois types de dépendance existent. Nous pouvons même y ajouter un quatrième, celui de la dépendance récréative. Cette dernière aboutissant inexorablement vers l'une ou les trois autres types de dépendance.
Prenons la définition de la dépendance que nous propose wikipédia:
La dépendance est, au sens phénoménologique, une conduite qui repose sur une envie répétée et irrépressible, en dépit de la motivation et des efforts du sujet pour s'y soustraire. Le sujet se livre à son addiction (par exemple: utilisation d'une drogue, ou participation à un jeu d'argent), malgré la conscience aiguë qu'il a - le plus souvent - d'abus et de perte de sa liberté d'action, ou de leur éventualité.
L'anglicisme addiction est au sens courant souvent synonyme de toxicomanie et désigne tout attachement nocif à une substance ou à une activité. On notera que le terme d'assuétude, qui bien que peu usité, a un sens similaire sans toutefois être aussi négatif (assuétude au chocolat mais dépendance à la cocaïne) complète la panoplie des termes français évitant l'usage de cet anglicisme à l'orthographe peu commune.
Dans cette définition de la dépendance, nous constatons qu'il n'est pas fait mention du type de dépendance dont il s'agit. C'est peut-être à cause de ce genre de définition de la dépendance que les gens ne savent pas qu'il existe plusieurs sortes de dépendances.
Je pense que le problème de compréhension que rencontrent les personnes dites dépendantes aux antidépresseurs et aux anxiolytiques de la part de leur entourage vient de là.
Lorsqu'on utilise le terme de dépendance, un amalgame est fait entre la dépendance psychologique, la dépendance physique et même la dépendance récréative!
La définition de la dépendance que donne l'OMS renforce cet amalgame:
En 1975, l'Organisation mondiale de la santé définit la dépendance comme :
« Un état psychique et parfois physique, résultant de l'interaction entre un organisme vivant et un produit, caractérisé par des réponses comportementales ou autres qui comportent toujours une compulsion à prendre le produit de façon régulière ou périodique pour ressentir ses effets psychiques et parfois éviter l'inconfort de son absence (sevrage). La tolérance peut être présente ou non. » (source: wikipédia)
Afin de mieux faire la différence entre les types de dépendance, voici leurs définitions:
La dépendance physique : état où l'organisme assimile à son propre fonctionnement la présence d'un produit développant des troubles physiques parfois graves en cas de manque (non-présence du produit dans l'organisme), l'ensemble de ces troubles constituant ce qu'on appelle le syndrome de sevrage. La dépendance physique résulte des mécanismes d’adaptation de l’organisme à une consommation prolongée et peut s’accompagner d’une accoutumance, c'est-à-dire la nécessité d'augmenter les doses pour éprouver un même effet.
La dépendance psychologique : désir insistant et persistant de consommer qui peut parfois se traduire par des manifestations psycho-somatiques (véritables douleurs physiques sans cause physiologique). La dépendance psychologique est bien plus liée aux caractéristiques des individus (états affectifs, styles de vie) qu'au produit lui-même. Des exemples de dépendance psychologique très répandues sont la dépendance au travail, à l'activité physique ou intellectuelle, qui peut parfois aboutir au surmenage. Un terme anglo-saxon la désigne sous l'appellation « workaholic ».
La dépendance comportementale : correspond à des stimulations générées par les habitudes ou l'environnement, facteur de rechute.
source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Addiction#Types_de_d.C3.A9pe...
La dépendance récréative : Le terme de drogue récréative est un terme dérivé de l'expression usage récréatif, qui désigne avant tout l'environnement de consommation. L'usage intervient alors dans une optique festive, l'effet désinhibant des psychotropes étant recherché par les usagers. [...]
Le terme usage détourné désigne l'utilisation d'un médicament en dehors d'indications thérapeutiques. Il s'applique à l'usage de médicaments dans le cadre du dopage mais aussi à l'utilisation de psychotropes pour modifier volontairement l'état de conscience. Ce terme induit un jugement moral. L'usage détourné désigne souvent l'usage de sédatifs, d'opiacés ou de stimulants à des fins non-médicales, comme ce peut être le cas avec la buprénorphine, la kétamine, la morphine, ou d'autres.
source: wikipédia
Maintenant que nous avons les définitions de la dépendance, voyons comment elles se manifestent chez des personnes dites dépendantes aux antidépresseurs et/ou aux anxiolytiques et comment les psychiatres les interprètent au-travers du DSM (cf. Le DSM, la bible des psychiatres).
Le DSM-IV présente l'addiction comme un mode d'utilisation inapproprié d'un produit entraînant des signes physiques et psychiques. Elle se manifeste par l'apparition d'au moins trois des signes ci-après sur une période d'un an.
- une tolérance (ou accoutumance) qui se traduit soit par une augmentation des doses pour un effet similaire, soit par un effet nettement diminué si les doses sont maintenues à leur état initial.
- un syndrome de sevrage en cas d'arrêt ou une prise du produit pour éviter un syndrome de sevrage.
- une incapacité à gérer sa propre consommation, l'usager consomme plus longtemps ou plus qu'il ne le voulait.
- des efforts infructueux pour contrôler la consommation.
- un temps de plus en plus important est consacré à la recherche du produit.
- les activités sociales, culturelles ou de loisir sont abandonnées en raison de l'importance que prend le produit dans la vie quotidienne.
- une poursuite de la consommation malgré la conscience des problèmes qu'elle engendre.
Tolérance et sevrage constituent la dépendance physique, et ne recouvrent que deux critères sur 7. Il est donc possible d'être dépendant au sens du DSM sans avoir développé de tolérance physique.
Et tout le problème de l'identification de la dépendance aux antidépresseurs et/ou aux anxiolytiques se trouve là.
En effet, la plupart des personnes qui se voient prescrire des antidépresseurs et/ou des anxiolytiques par leur psychiatre développent une tolérance et un syndrome de sevrage assez rapidement et poursuivent la consommation de ces produits malgré les problèmes qu'ils engendrent. Ces personnes se rendent rapidement compte que les médicaments que leur propose leur psychiatre sont devenus indispensables à leur fonctionnement quotidien et qu'elles ne peuvent plus s'en passer!
Mais quel est le type de dépendance qu'elles ont développé à ces médicaments?
Je pense qu'elles ont développé trois des quatre types de dépendance définis plus haut. Elles ont développé une dépendance psychologique, une dépendance physique et une dépendance comportementale.
Je m'explique:
Premièrement, elles ont développé une dépendance psychologique, car elles se sentent incapables de fonctionner sans ces produits depuis que leur psychiatre les leur a prescrit. Elles sentent qu'elles n'ont pas la force d'affronter le stress quotidien sans cette aide externe. Cette aide, ce soutien qui leur donne la force d'aller travailler ou d'affronter un drame (décès, divorce,...) leur est devenu indispensable. Elles ne se sentent pas capables de faire face à la situation sans cet allier qui anesthésie leurs émotions.
Deuxièmement, elles ont développé une dépendance comportementale, car elles ont pris l'habitude de gérer leur stress, leur insomnie ou leur douleur en prenant des médicaments. En plus, comme le fait de prendre des antidépresseurs et/ou des anxiolytiques pour gérer son quotidien est rentré dans les moeurs, elles se sentent obligées de prendre ces produits si elles n'arrivent plus à gérer leur quotidien. Le facteur environnemental qu'est la société qui dit que lorsqu'on souffre, qu'on est déprimé et qu'on peine à faire face au stress, il faut prendre des antidépresseurs et /ou des anxiolytiques crée la dépendance dite comportementale.
Troisièmement, elles ont développé une dépendance physique, car leur corps a appris à vivre avec ces médicaments, il a intégré la présence de ces substances dans son mode de fonctionnement. Il ne sait plus fonctionner sans, car il s'est habitué à recevoir ces produits quotidiennement.
Malheureusement, peu de personnes prenant ce genre de médicaments identifient clairement ce qui leur arrive. Elles sentent bien que quelque chose ne va pas avec la prise de leur antidépresseur ou de leur anxiolytique, mais elles ne sauraient dire quoi.
Elles en parlent avec leur psychiatre ou leur médecin traitant qui leur dit qu'il n'y a pas de problème, que ce qu'elles ressentent est tout à fait normal. Avec le temps qui passe, ces mêmes personnes réitèrent leurs inquiétudes au sujet de leur médication auprès du psychiatre et ce dernier finit par changer leur médication. Il passe d'un type d'antidépresseur ou d'anxiolytique à un autre.
Au début, les patients sont contents, ils se disent que cette fois cela va aller mieux. Mais au bout de quelques semaines la même chose se reproduit. Ils sentent à nouveau que quelque chose cloche avec les comprimés qu'ils prennent quotidiennement.
Les patients se rendent compte que quelque chose ne va pas avec leur médication, mais ils n'arrivent généralement pas à l'identifier.
Les psychiatres, quant à eux, ce gardent bien de dire à leurs patients que la gêne qu'ils ressentent à la prise de ces produits est peut-être bien le signe de la présence d'une ou de plusieurs dépendances...
12:20 Publié dans Psychiatrie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dépendance, antidépresseur, anxiolytique, dépendance physique, tranxilium, psy
15.12.2010
Le DSM, la bible des psychiatres
Je pense qu'il est intéressant de se pencher sur l'outil sur lequel s'appuient les psychiatres pour poser leurs diagnostics, car c'est à partir de ces diagnostics qu'ils proposent leurs traitements médicamenteux.
Le DSM est un manuel contenant la description de symptômes présents dans des troubles mentaux. Prenons la définition de wikipédia pour mieux comprendre ce qu'est ce manuel:
Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (en anglais : Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) avec actuellement la quatrième version en vigueur et une cinquième en préparation est un manuel de référence très utilisé internationalement particulièrement pour les recherches statistiques et dans une moindre mesure pour diagnostiquer les troubles psychiatriques. Les cinq versions ont été éditées par l'Association américaine de psychiatrie (American Psychiatric Association ou APA).
Les diagnostics de pathologie psychiatrique portés à l'aide des DSM, depuis la troisième révision reposent sur l'identification clinique de syndromes et de leur articulation en cinq axes dans une approche statististique et quantitative. L'étiologie des pathologies n'y est plus du tout envisagée.
Comme son nom l'indique, c'est un manuel statistique, donc qui repose sur des études statistiques.
La statistique est une science qui recueille et analyse mathématiquement des données pour une évaluation numérique. C'est aussi un ensemble des données numériques concernant l'état ou l'évolution d'un groupe ou d'un phénomène.
Le DSM est donc un manuel qui contient un ensemble de données (listes et descriptions des symptômes) concernant l'état ou l'évolution d'un groupe (patient ou malade).
Le DSM est très souvent utilisé par les psychiatres pour poser des diagnostics, mais est-ce judicieux de leur part de s'appuyer sur des données statistiques plutôt que sur des données scientifiques pour établir leurs diagnostics?
Si les autres domaines de la médecine procèdaient ainsi, que penserions-nous de ces sciences?
Pour recueillir ces statistiques, les psychiatres ont observé des personnes souffrant de troubles mentaux avérés. Ils ont ensuite listé les comportements de ces malades sous forme de descriptions symptômatiques dans le DSM. Ce qui est un procédé scientifique correct. Mais peut-on procèder à l'inverse? Peut-on observer un patient à un instant t et se dire que s'il présente une dizaine de symptômes sur les quinze proposés dans le DSM pour un trouble donné, c'est qu'il a ce trouble?
Recueillir des symptômes à partir de personnes souffrant de troubles mentaux avérés et les lister dans le DSM est un procédé correct, mais le corollaire ne va pas de soi. On ne peut pas faire le chemin inverse aussi facilement et dire que parce qu'une personne montre les mêmes symptômes que ceux décrits dans le DSM, c'est qu'elle souffre forcément du trouble qui y est associé.
En mathématique, on peut dire: Tous les hommes sont mortels, mais la réciproque n'est pas vraie: Tous les mortels ne sont pas des hommes!
La grosse erreur que commettent les créateurs et les utilisateurs du DSM est d'admettre que la réciproque est vraie.
La psychiatrie ne s'appuie pas sur des procédés scientifiques rigoureux pour établir son manuel de diagnostics et c'est de là peut-être que provient tout le problème de cette discipline.
Pour finir, citons Freud:
"Les psychiatres se demandent eux-mêmes si leurs arrangements purement descriptifs méritent le nom de science."
La psychiatrie est-elle une science au même titre que la médecine?
13:32 Publié dans Psychiatrie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : psychiatrie, dsm, mauvais diagnostic, maladie mentale, trouble mentaux, pseudoscience
01.12.2010
25. Résumé et conclusion
Automne 2010
J'ai enfin réussi à vaincre mes angoisses et mon agoraphobie grâce à la méthode de Geert.
Si je reviens sur mon parcours psychiatrique au cours de ces 15 dernières années, voici ce que ça donne:
En 1994, ma famille et une psychologue me poussent dans l'enfer de la psychiatrie suite à un mal-être d'adolescente et à la surcharge de travail que je me suis infligée depuis mon échec en 9ème année scolaire.
Les psychiatres qui me prennent en charge, m'injectent des psychotropes (anxiolytiques/sédatifs, neuroleptiques) contre ma volonté pendant quelques semaines, tout en brisant mes dernières résistances au moyen d'un chantage psychologique et d'humiliations physiques (les packs).
Ils posent un diagnostic lourd - psychotique paranoïaque à tendance schizophrène - à partir de deux tests (le Rorschach* et le TAT**) que m'avait fait passer la psychologue.
Fin de l'année 1994 et début de l'année 1995, je ne suis plus qu'une épave...
De 1995 à 2005, j'erre de psychiatre en psychiatre, cherchant désespérément une solution pour sortir de l'état où je me trouve. Je ne sais pas encore que ce sont les traitements médicamenteux qui me rendent si malade et je ne me rends pas encore compte de la dépendance que mon organisme a développé à ces substances. Pendant ces dix années, d'autres diagnostics sont posés: Dépression grave, narcissisme, maniaco-dépression, ...
De 2005 à 2007, je me rends compte que la médication qui m'a été administrée depuis plus de dix ans est en train de me tuer à petit feu. Je reçois encore un dernier diagnostic, cette fois je suis borderline...
En automne 2007, perplexe quand à la compétence du corps médical et de la psychiatrie en particulier, je décide de m'en affranchir en entamant un sevrage, car je réalise que ce qui m'a toujours liée à eux, c'était ma dépendance à leurs produits (antidépresseurs, neuroleptiques et anxiolytiques).
En juillet 2008, je prends mon dernier comprimé, je suis sevrée.
De juillet 2008 à septembre 2010, je souffre d'un syndrome de sevrage prolongé assez lourd.
Aujourd'hui, je ne prends plus aucun médicament psychiatrique depuis presque deux ans et demi et je me sens enfin mieux.
La seule chose qui me pose problème est de savoir pourquoi le corps médical et la psychiatrie en particulier avaient pu me trouver autant de maladies mentales! Comment peut-on être en même temps psychotique, paranoïaque, schizophrène, maniaco-dépressif, dépressif, narcissique, borderline et j'en passe? Sans compter le fait que si je souffrais réellement de tous ces troubles, comment aurais-je été capable de suivre des études supérieures, de décrocher un baccalauréat scientifique et de poursuivre une formation en informatique?
Comment expliquer le fait également que je n'ai jamais tenter de me suicider malgré le diagnostic de dépression grave qui m'a été collé pendant plus de cinq ans?
J'ai posé ces questions aux derniers psychiatres que j'ai été voir. Ils m'ont répondu que cela n'avait rien à voir! Je leur ai aussi fait part de mon idée sur ce qui pouvait bien me rendre si étrange à leurs yeux et qui pouvait aisément expliquer leur incapacité à trouver un diagnostic qui me convienne sur la longueur.
Je leur ai demandé, si ma différence ne venait pas du fait que je pouvais être une personne dite à haut potentiel. Tout ce qu'ils ont trouvé à répondre et ce sur un ton exaspéré, c'est: "Tous les malades mentaux se prennent pour des génies!"
Cela m'a profondément blessée et j'ai laissé passer cinq ans avant d'oser à nouveau penser à ce "diagnostic".
Au début de l'année 2010, je me suis de plus en plus documentée sur le sujet de la douance. J'ai lu une demie-douzaine de livres traitant des caractériatiques des personnes surdouées.
A la fin du printemps, je me suis décidée à chercher des psychologues spécialistes de la douance, afin de faire un bilan et un test de QI pour déterminer si mes particularités venaient bien de là. J'ai trouvé une psychologue spécialisée dans ce domaine et j'ai pris rendez-vous.
Lors de notre premier entretien au mois d'août 2010, elle m'a dit qu'elle pensait effectivement que c'était cela. Nous avons pris rendez-vous au mois de novembre 2010 pour qu'elle me fasse passer un bilan complet et quelques jours plus tard, elle m'annonçait que j'étais bien une personne surdouée.
Les résultats du bilan ont également montré que toutes ces années passées sous le joug de la psychiatrie m'avaient déstabilisée et profondément meurtrie. Mes résultats en terme de rapidité de traitement, de mémoire, de concentration et d'estime de soi ont été grandement affectés par des années de mauvais traitements psychologique et médicamenteux.
Au travers de mes lectures, je me suis rendue compte qu'il arrivait très fréquemment que des personnes surdouées soient aussi maltraitées par la psychiatrie. La psychiatrie ne reconnaît pas l'existence des personnes dites à haut potentiel.
Ce que remarquent les psychologues spécialistes des surdoués à ce sujet:
Extrait d'un texte écrit par Jeanne Siaud-Facchin (psychologue spécialiste de la douance):
" [...] Les dérives diagnostiques sont trop fréquentes. Elles résultent de la conjonction de plusieurs facteurs: la méconnaissance des caractéristiques psychologiques de l'enfant surdoué, l'absence de formation dans le milieu médical et paramédical, les résistances idéologiques -pourquoi aider et comprendre ceux qui ont plus ?-, le caractère souvent atypique du tableau clinique. Et cela peut aller jusqu'au déni de l'identité de ces enfants et de ces adolescents, de leurs spécificités, mais surtout de leur vécu et de leur souffrance. Il ne faut jamais oublier que tout diagnostic est émis par un soignant en regard d'une norme et de sa propre capacité à accepter, à tolérer, des écarts par rapport à cette norme. L'enfant surdoué est par définition, hors normes. Il a un fonctionnement, une pensée, une affectivité qui déroutent, qui dérangent. En l'absence d'une possibilité de comprendre ce qui fonde ce décalage un enfant ou un adolescent surdoué qui présente des manifestations ou des symptômes de souffrance psychologique peut être rapidement entraîné vers des pathologies qui ne le concernent pas. Il a été en particulier montré que les surdoués montrent dans le test de personnalité de Rorschach, plus connu sous le nom de test des "taches d'encre", des caractéristiques dans les réponses qui s'apparentent à celles produites par les patients schizophrènes. La raison tient à ce qu'un surdoué produit un grand nombre de réponses divergentes, différentes de celles attendues. Et ce non pas en raison d'une pathologie mais parce que la pensée du surdoué est justement caractérisée par une pensée en arborescence qui se démultiplie sur plusieurs axes simultanément et qui quitte rapidement les formes plus consensuelles de la pensée et les idées courantes. Pourtant, en psychiatrie de l'adolescent les confusions diagnostiques entre mode de pensée singulier et mode de pensée pathologique créent des confusions dramatiques pour l'avenir psychologique du surdoué qui en est l'objet. [...]"
Source: www.cogitoz.com
Extrait d'un texte écrit par Arielle Adda (psychologue spécialiste de la douance):
" [...] puisque si jeune il est déjà si différent, les parents vont "consulter", en proies à une anxiété qui sera déjà comprise comme le premier symptôme de pathologie.
Puisque le tableau le plus clair est celui décrit par l'école et que les précisions ajoutées par les parents le compliquent et l'obscurcissent au lieu de le clarifier, il ne reste qu'à traquer "l'anormalité" et à s'y attaquer.
Nous nous trouvons là au point de départ du processus qui va entraîner tous les protagonistes dans une série d'actions totalement inefficaces, car fondées sur un malentendu capital.
En effet cet enfant semble un peu différent, mais on va étudier son cas, l'aider à s'adapter, puisqu'il est considéré comme "hors-norme", ce qui n'est pas très éloigné de "l'anormal".
Je veux pour preuve de cette idée préalable, le déroulement des examens psychologiques subis en générale par ces enfants. Puisqu'ils ont réussi avec succès les tests scolaires et qu'ils sont manifestement intelligents, on ne pratique pas de test de QI. En revanche, on leur fait passer un Rorschach, toujours délicat à manier avec un jeune enfant, et qui devrait seulement, en principe, contribuer à l'établissement d'un diagnostic, dans un protocole plus complet. Le simple fait de se contenter d'un Rorschach, au lieu de recourir à une batterie plus complète de tests, peut être considéré comme l'élément premier du malentendu : le Rorschach suppose souvent une pathologie qu'il convient de mettre au jour, et il arrive qu'une imagination débordante, tout comme une inhibition totale, peuvent être interprétés de façon très négative. [...]"
Source: www.douance.org
***
La psychiatrie me fait peur. J'ai peur de son pouvoir et de l'impunité dont elle dispose. Personne ne remet jamais en question les diagnostics que posent les psychiatres. C'est comme si leur parole était parole d'évangile!
Comment une société peut-elle laisser autant de pouvoir à une discipline qui ne se base même pas sur des preuves scientifiques?
Si les scientifiques admettent ne comprendre qu'une toute petite partie du fonctionnement du cerveau, comment les psychiatres peuvent-ils prétendre maîtriser tous les aspects de ce dernier?
Comment une pseudo-science a-t-elle pu prendre autant de place dans nos sociétés?
Des vies entières sont brisées par la psychiatrie depuis des décennies, mais personne ne fait rien. Pourquoi?
Fin
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Informations:
** TAT
"Beaucoup d'enfants, d'adolescents et d'adultes doués sont erronément diagnostiqués comme ayant des troubles du comportement, voir des troubles mentaux. On essaie, à coup de médicaments ou de thérapies inutiles, de les faire entrer dans le moule de l'école, de l'entreprise ou de la famille, ou de rendre leur vie ou leur situation plus satisfaisante."
Source: www.douance.be
Définition:
- DSM-IV
- "«Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders» (4e édition) (Manuel diagnostique et statistique des maladies mentales). Il s'agit d'un système de classification des maladies mentales développé par l'American Psychiatric Association. Pour chaque maladie mentale, on donne une liste de symptômes dont un certain nombre doit être présent pour que le diagnostic s'applique."
Source: http://www.ustboniface.mb.ca/cusb/psy121/guide/frameglo.h...
12:11 Publié dans témoignage | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : témoignage psychiatrie, erreur de diagnostic, haut potentiel, haut potentiel et psychiatrie, psychiatre, surdoué, neuroleptique, antidépresseur, anxiolytique, psychotropes

