02.02.2012

Quelles sont les séquelles après l'arrêt des médicaments?

Question qui m'a été posée récemment:

Bonjour Carole,

Lorsque tu dis que tu as gardé des séquelles peux tu nous en dire un peu plus stp. Penses tu que ces séquelles sont dues à un sevrage trop brutal!!! Et penses tu que cela soit irréversible.

Merci
Luc

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Réponse

Bonjour Luc,

Je suis très chanceuse, car je n'ai pas de séquelles qui soient insupportables. J'ai gardé une sensibilité accrue à la lumière et de légers acouphènes quand je suis fatiguée ou stressée.

Comme pratiquement toutes les personnes qui ont pris des psychotropes pendant un certain temps, j'ai vu mon système nerveux devenir hypersensible et hyperréactif. Je pense que c'est dû aux modifications qui interviennent dans la physiologie du cerveau lors de la prise de substances psychoactives. Ce qui me fait dire cela c'est la réponse que donne Ray Nimmo au sujet de la neuroadaptivité:

8. Le syndrome de sevrage aux benzodiazépines, c'est quoi?

Le syndrome de sevrage aux benzodiazépines semble être causé par une modération de l'action du GABA. Cette modération de l'action du GABA est due à une neuroadaptivité (le GABA a adapté son mode de fonctionnement à la présence des benzodiazépines). Cette neuroadaptivité a rendu le GABA dépendant à la stimulation des benzodiazépines pour initier son action. En d'autres mots, lorsque vous êtes devenu dépendant à une benzodiazépine, votre GABA est incapable d'exercer son action naturelle sans la présence de benzodiazépine. Il en résulte une grande variété de suractivité dans diverses régions du cerveau, ce qui provoque une vaste collection de symptômes. Ces symptômes sont l'expression de diverses manifestations de la surexcitation neurologique: Les cellules du cerveau deviennent particulièrement sensibles à l'action des neurotransmetteurs excitateurs. La manifestation la plus extrême de cette sur-excitations sont les crises d'épilepsie et de convulsion.


Le syndrome de sevrage aux benzodiazépines se distingue de celui d'autres classes de médicaments de par sa sévérité et sa durée.

Les manifestations du sevrage (l'état de manque) apparaît soit lorsqu'il y a tolérance et que la dose n'a pas été augmentée pour y palier, soit lorsqu'il y a une diminution de la dose en dessous du “seuil de tolérance”. Le seuil de tolérance est le niveau de la dose en dessous duquel le fonctionnement de vos récepteurs est altéré à cause d'un manque de stimulation de la part du médicament. Il se peut que votre seuil de tolérance soit inférieur à votre dosage actuel, si bien que vous pourrez diminuer votre dose sans ressentir de symptômes de sevrage.

En règle générale, le syndrome de sevrage d'un médicament est le miroir de ses effets primaires. Ainsi pour les benzodiazépines, vous pouvez vous attendre à des insomnies (miroir de leur effet hypnotique), de l'anxiété (miroir de leur effet anxiolytique), de la tension et des douleurs musculaires (miroir de leur effet myorelaxant (=relaxant musculaire)) et dans de rares cas, de crises d'épilespsie ou de convulsion (miroir de leur effet anti-épileptique). La seule exception est que le syndrome de sevrage aux benzodiazépines ne reproduit pas l'effet amnésique en miroir (il n'améliore pas la mémoire). Au contraire, le syndrome de sevrage provoque souvent une augmentation des problèmes de mémoire et de cognition. Cependant, dans tous les cas, après un sevrage complet et une rémission totale, les fonctions cognitives reviennent progressivement au niveau qu'elles avaient avant que vous preniez des médicaments.

source: http://benzo.forumactif.org/t903-reponses-aux-questions-l...

Ainsi, comme le neurotransmetteur GABA a adapté son mode de fonctionnement pendant des années à la présence des benzodiazépines (il en va de même, à mon avis, pour les autres neurotransmetteurs qui ont adaptés leur fonctionnement à la présence d'un autre psychotrope), il garde ce mode de fonctionnement différent même quand la substance psychoactive n'est plus là. Comme l'explique Ray Nimmo, le neurotransmetteur (ici GABA) n'est plus complètement capable d'exercé son action naturelle, ce qui fait qu'il n'arrive plus à remplir complètement son rôle de neurotransmetteur inhibiteur, ce qui fait qu'il y a un déséquilibre entre l'action inhibitrice et l'action excitatrice des neurotransmetteurs en présence. Ainsi, l'action excitatrice reste plus forte (puisque moins inhibée par le(s) neurotransmetteur(s) inhibiteur(s)). Il en résulte que notre cerveau est plus excité de façon constante qu'il ne le devrait, ce qui le rend hypersensible et hyperréactif aux événements excitateurs.

Etant donné, qu'il y a déjà un déséquilibre causé par la neuroadaptivité de certains récepteurs liés à certains neurotransmetteurs inhibiteurs (neurotransmetteurs GABA en ce qui concerne la prise de benzo), il faut éviter à tout pris de faire augmenter le niveau des substances dites excitatrices dans le cerveau. Ces substances sont entre autres: la caféine, la nicotine, l'aspartame, le monosodium glutamate (E621), les boissons dites énergisantes, l'alcool, les psychotropes, ....

Pour prendre une image: c'est comme si on avait une balance à deux plateaux. Sur un de ces plateaux, on aurait les substances inhibitrices et sur l'autre les substances excitatrices. Le cerveau, en temps normal, fait en sorte de toujours avoir ces deux plateaux en équilibre et quand il y a déséquilibre entre ces deux plateaux parce qu'un événement c'est produit, il arrive facilement à retrouver l'équilibre, soit en produisant plus de substances inhibitrices (si trop d'excitation), soit en produisant plus de substances excitatrices (si trop d'inhibition).

Après la prise de benzos et leur arrêt, le cerveau n'est plus capable de maintenir cet équilibre aussi bien, car il s'est adapté au biais créé par la présence des benzos qui augmentaient de façon artificielle le poids sur le "plateau inhibiteur". Le cerveau se retrouve donc avec un bien très important une fois qu'on lui a retiré le psychotrope qui maintenait un poids sur le plateau inhibiteur du système inhibition/excitation. C'est comme si pendant des années la balance avait toujours eu un poids de 2 kg sur un des plateaux (plateau inhibiteur) et qu'il avait toujours du le compenser en produisant toujours 2 kg supplémentaire sur le plateau excitateur pour compenser le biais de départ induit par l'apport quotidien de médoc.
Une fois qu'on enlève ces 2 kg du plateau inhibiteur (sevrage des benzos ou autre psychotrope), le plateau excitateur fait plonger la balance de son côté et maintient donc le corps et le cerveau dans un état d'excitation à cause de l'habitude qu'il a pris de surcompenser le déséquilibre créé par les "2 kg" maintenus de façon constante par l'apport de benzos sur le plateau inhibiteur. C'est pour cela qu'on dit de diminuer très très lentement la prise de benzos (et d'autres psychotropes), ça évite au cerveau de se voir retirer brutalement les "2 kg" sur un plateau. En diminuant lentement, le cerveau a le temps de compenser petit à petit le déséquilibre qui se crée, plutôt que de devoir le faire d'un coup.

Maintenant, il arrive très souvent que le cerveau se soit tellement bien adapté à la présence de ces "2 kg" en plus sur le plateau inhibiteur, qu'il soit maintenu en état d'excitation après l'arrêt (le retrait du poids qui faisait pencher la balance de 2 kg sur le côté inhibiteur). Cet état rend notre système nerveux hyperréactif et hypersensible.
En effet, quand le cerveau reste dans un état d'excitation plutôt que dans un état d'équilibre, c'est pour être prêt à réagir. C'est ça façon à lui de se préparer à l'action. Cette préparation à l'action met le corps en état de vigilance en augmentant la production de substances dans tout le corps. Par exemple, il y a augmentation de la production des hormones du stress: adrénaline, épinéphrine, ... .

Le corps est donc maintenu en état de vigilance par le déséquilibre créé par la neuroadaptivité du cerveau aux benzos et à leur arrêt.
Bien évidemment, le cerveau est capable de se réadapter dans l'autre sens, mais il lui faut du temps et il faut éviter de surcharger le plateau excitateur qui penche déjà dangereusement à cause de sevrage (= éviter de consommer des substances excitatrices (caféine, aspartame, ....) qui iront directement surcharger le plateau excitateur déjà trop lourd).

Les séquelles qu'il me reste sont donc directement liées à ce déséquilibre. Avec le temps, ça se compense gentiment, mais en attendant, mon système nerveux est devenu ultra-sensible et ultra-réactif à certaines substances alors qu'avant la prise de médocs il ne l'était pas. Je dois donc faire très attention à mon hygiène de vie pour ne par ressentir d'angoisses, ne pas avoir des maux de tête, ne pas avoir des problèmes digestifs, etc...

Il faut savoir que ce déséquilibre inhibition/excitation du système nerveux ne se produit pas uniquement dans le cerveau, il est aussi présent dans les autres parties inervée du corps. Les viscères sont inervées et comme un déséquilibre est également induit à ce niveau là, on se retrouve souvent à avoir des problèmes gastro-intestinaux...

Pour ma part, depuis que je fais bien attention à ce que je consomme, que je pratique une activité physique régluière et que j'utilise des techniques pour maintenir mon niveau de stress au minimum, je vois mon état s'améliorer de jour en jour. Je pense que si on fait tout pour maintenir notre organisme dans un état de fonctionnement "normal", sans lui imposer des excès de stress, de non activité ou d'apport de substances excitantes, il a de meilleures chances de pouvoir rapidement rééquilibrer ses systèmes excitateurs et inhibiteurs.

Maintenir une hygiène de vie "sobre" me permet de n'avoir que de petites séquelles dues à la prise chronique de psychotropes pendant 13 ans (+ 1 an de sevrage).
Je suis plus facilement angoissée qu'avant, car mon stress monte plus facilement...
J'ai toujours des problèmes de mémoire. Il faut savoir qu'une bonne mémorisation est liée au niveau d'hormones du stress (substances excitatrices) présentes dans le sang. Ainsi, quand on a trop peu de ces substances, on mémorise mal et quand on en a en excès, on mémorise mal.
La mémoire a aussi comme support des structures physiques qui ont souvent été endommagées par la prise de psychotropes. La mémoire utilise plusieurs mécanismes pour fonctionner et la plupart du temps, ces derniers sont modifiés et en partie rendu non-fonctionnels par la prise de médicaments psychoactifs. La mémoire utilise des procédés chimiques et physiques pour fonctionner et ces derniers sont souvent grandement altérés par les déséquilibres engendrés par l'apport puis le retrait des substances psychoactives comme les benzos et les autres médicaments psychiatriques.

Avec le temps, il est possible au cerveau de reconstruire ces structures et de refaire fonctionner ces mécanismes. Mais en attendant, les problèmes de mémoire sont là et sont une séquelle assez pénible de la prise de psychotropes.

Bref, les séquelles les plus importantes que j'ai sont dues, à mon avis, à cette neuroadaptivité du fonctionnement du cerveau en réponse au déséquilibre inhibition/excitation induit par les psychotropes.

Le cerveau est capable de s'adapter à beaucoup de choses grâce à ce qu'on appelle la neuroplasticité et je suis certaine qu'il est possible de le réadapter après des années de déséquilibre induit par les médocs en faisant attention à ne lui apporter que des substances non-stressantes, en lui faisant faire des exercices (de mémoire, de réflexion, ...) pour l'obliger à reconstruire "ses circuits" abîmés et en pratiquant de l'exercice physique pour l'obliger à métaboliser plus rapidement les substances dites du stress.

J'espère avoir répondu à ta question même si elle portait plus sur quelles sont les séquelles qu'il me reste après le sevrage, plutôt que sur les mécanismes qui selon moi induisent ces séquelles ;).

Bonne journée,

Carole

03.03.2011

Les étapes qui mènent vers une vie sans médicament

Dans mon témoignage, j'explique comment j'ai été amenée à prendre des antidépresseurs, des anxiolytiques et même des neuroleptiques.

Maintenant, il me semble important d'expliquer par quelles étapes je suis passée pour arriver à me sevrer de ces médicaments. Ces étapes sont à mon avis des passages obligés.

J'ai passé pas mal de temps à lire les récits d'autres personnes et je me suis aperçue que les personnes qui réussissaient à se sevrer et à retrouver une bonne qualité de vie passaient toutes par les mêmes étapes importantes.

Dans les posts qui vont suivre, je vais tenter de vous expliquer en quoi consistent ces étapes.

Bonne lecture.

21.01.2011

Comprendre et minimiser l'anxiété pendant le sevrage

Comment gérer l'anxiété qui apparaît lors d'un sevrage d'anxiolytique ou d'antidépresseur?

Pour commencer parlons de cette anxiété:

D'où vient elle? Qu'est-ce qui en est la cause? Est-elle due à l'effet rebond dont les psychiatres nous parlent ou provient-elle d'autre chose?

Je pense que l'anxiété qui apparaît au cours d'un sevrage et qui a tendance à s'amplifier à la fin du sevrage est en grande partie due au sevrage lui-même!

En effet, le fait de diminuer régulièrement la dose d'anxiolytique ou d'antidépresseur plonge le corps et le cerveau en état de manque. Cet état de manque stresse tout le corps. On constate bien les effets produits par cette diminution: les problèmes gastro-intestinaux sont de plus en plus présents, l'insomnie s'est durablement installée, les maux de tête sont toujours plus fréquents, les douleurs musculaires augmentent, etc...

Ces symptômes, nous les identifions correctement comme étant des symptômes générés par le sevrage lui-même et non comme étant dus à l'effet rebond.

Mais qu'est-ce que ce fameux effet rebond dont nos médecins nous parlent?

Voici la définition que propose Wikipédia: "L'effet rebond caractérise la réapparition et l'aggravation d'un ou plusieurs symptômes à l'arrêt d'un traitement utilisé contre ces derniers."

Je ne pense pas que le fort retour d'anxiété soit uniquement dû à ce fameux effet rebond. Je m'explique: Lorsque les médecins parlent d'effet rebond, ils entendent la réapparition et l'aggravation du ou des symptômes pour lesquels le patient est traité. Cependant, si on prend mon cas, par exemple: J'étais traitée pour dépression avec des antidépresseurs et des anxiolytiques. Les psychiatres me les ont fait prendre pendant des années et au fil du temps, j'ai développé une agoraphobie.

Pendant mon sevrage, l'anxiété est revenue en force et mon agoraphobie s'est transformée en anxiété généralisée.

Bien sûr, on pourrait dire que cette anxiété généralisée est un effet rebond. Mais ça n'est pas vrai, puisqu'au départ je ne souffrais pas d'anxiété, mais de dépression. L'effet rebond, comme ça définition le dit est une réappartion avec ou sans aggravation d'un ou plusieurs symptômes pour lesquels le médicament était prescrit au départ! Et ce n'est pas du tout mon cas.

Je me méfie donc beaucoup de cette définition imprécise de l'effet rebond, car elle sous-entend que si un très forte anxiété apparaît lors du sevrage, c'est que l'on a toujours un problème d'anxiété et que ce problème restera toujours, même après l'arrêt des médicaments.

A mon avis, ce n'est pas du tout vrai, même pour les personnes qui ont pris des anxiolytiques pour gérer leurs angoisses. Car l'anxiété que l'on développe en prenant des anxiolytiques est très forte et quand on entame un sevrage, c'est cette anxiété là qui s'aggrave et non l'anxiété pour laquelle on était traité au départ qui réapparaît et c'est très différent.

Psychologiquement, il sera plus facile de continuer un sevrage si on sait que l'aggravation d'anxiété qu'on subit est due à la prise d'anxiolytique et/ou d'antidépresseur, plutôt que de croire, comme les médecins et les psychiatres le suggèrent qu'il s'agit d'une réapparition et d'une aggravation de l'anxiété pour laquelle les médicaments ont été prescrit. Car l'anxiété à laquelle on doit faire face pendant un sevrage est d'une telle intensité qu'on ne se sentira jamais capable de l'accepter comme étant la notre. Si on accepte cette anxiété comme étant la notre et non celle générée par le manque, il est plus que probable qu'on reprenne des anxiolytiques, car son intensité est vraiment insupportable.

Les personnes qui rechutent lors de leur sevrage et reprennent leur anxiolytique, c'est celles qui croient que l'anxiété qu'elles ressentent pendant leur sevrage est la leur. Si on leur expliquait que cette terrible anxiété qu'elles ressentent n'est pas due à un effet rebond, mais est bien la manifestation de l'anxiété générée par les anxiolytiques et/ou les antidépresseurs et surtout aggravée par leur arrêt, elles n'auraient plus peur de mener leur sevrage jusqu'au bout.

Maintenant que nous avons mieux identifié le type d'anxiété à laquelle nous avons affaire, nous pouvons commencer à parler des moyens de la gérer.

Comme nous l'avons vu, cette anxiété est due au sevrage, c'est ce qu'on appelle un symptôme de sevrage.

Pour vaincre l'anxiété, il faut éliminer les causes de cette dernière. Malheureusement, nous ne pouvons pas supprimer la cause de l'anxiété qui apparaît pendant le sevrage, puisque la cause de cette anxiété est le sevrage lui-même. Nous ne pouvons pas supprimer la cause primaire de l'anxiété, mais nous pouvons éliminer toutes les autres causes qui pourraient amplifier cette anxiété et nous la rendre totalement insupportable.

Pour maintenir le niveau d'anxiété à un stade supportable, il est important de procéder à une diminution lente des doses pendant le sevrage. Il existe des méthodes pour diminuer les doses lentement, pour ça, je vous laisse aller sur le forum d'entraide au sevrage sur lequel vous trouverez toutes les informations utiles à ce sujet (protocole du Prof. Ashton).

Maintenant parlons de ce que nous pouvons faire d'autre pour maintenir le niveau d'anxiété au minimum, c'est-à-dire en n'ayant pas d'autre facteur comme source d'angoisse.

Il faut donc supprimer tous les facteurs anxiogènes et les facteurs chimiques anxiogènes sont les suivants: La caféine, l'aspartame et le monosodium glutamate (E621). Lorqu'on ingère ces trois substances, elles vont dans le cerveau et créent des symptômes similaires à ceux provoqués par les angoisses elles-mêmes.

Comme notre cerveau est déjà mis à rude épreuve par les modifications chimiques entraînées par le sevrage, il ne faut pas le surcharger avec de telles molécules qui déséquilibrent encore plus les échanges chimiques.

Il faut ménager le cerveau au maximum pendant cette période difficile et ne pas le surcharger avec telles substances.

Que savons-nous de l'aspartame?

"L'aspartame est une source de phénylalanine, un acide aminé = la phénylalanine est présente dans les protéines. La phénylalanine est en partie rejetée par l’organisme sous forme de dioxyde de carbone ou participe à la synthèse des protéines en tant qu’acide aminé, mais agit aussi comme précurseur des neurotransmetteurs que sont la dopamine, la noradrénaline et l’adrénaline." source

L'aspartame est un précurseur de plusieurs neurotransmetteurs comme l'adrénaline:

"Adrénaline (Epinéphrine):

L'adrénaline est à la fois une hormone et un neurotransmetteur. Elle fait partie du réflexe lutte/fuite. Elle accélère la vitesse de la respiration, dilate les pupilles et accroît le rythme cardiaque. Une forte dose porte le corps dans l'état d'alerte le plus élevé. L'adrénaline joue aussi un rôle important dans la réaction enthousiaste à un défi, par exemple dans le milieu professionnel. Mais un excès d'adrénaline dans la vie normale entraîne surtout nervosité et paranoïa."

Comme vous pouvez le voir, l'adrénaline est à la base des réactions de lutte et de fuite. L'adrénaline provoque les symptômes d'angoisse: accélération du rythme cardiaque, augmentation de la respiration, etc...

La caféine quand à elle renforce les récepteurs pour la noradrénaline:

"Noradrénaline (nordépinéphrine):

La noradrénaline exerce un effet de grande excitation et, en comparaison avec l'adrénaline, elle entraîne plutôt de l'agressivité que de l'anxiété. Des drogues comme l'amphétamine et la cocaïne accroissent la quantité de noradrénaline, la première par la stimulation de sa production, la deuxième par l'inhibition du catabolisme. Elles provoquent ainsi un état de vivacité, d'hyperactivité. La noradrénaline joue aussi un rôle dans l'abord de la douleur et du comportement sexuel. La noradrénaline se compose de la substance appelée dopamine, qui est aussi elle-même un neurotransmetteur. La caféine du café, la théobromine du cacao, la théophylline du thé font toutes partie de la famille des méthylxanthines, qui renforcent les récepteurs pour la noradrénaline et exercent ainsi un effet stimulant. Les personnes dépressives ont trop peu de noradrénaline, les personnes euphoriques en ont trop. La réboxétine, l'adrafinil et le modafinil sont tous médicaments qui réduisent la reprise de noradrénaline chez les personnes dépressives. Un niveau normal de noradrénaline donne une sensation normale de gaieté, de vivacité, tout comme la dopamine."

"Dopamine:

La dopamine joue un rôle dans la motricité, la schizophrénie, la maladie de Parkinson et se retrouve aussi dans l'oeil et dans le réseau neuronal à partir du nez. De plus, il s'agit d'un neurotransmetteur important entre le cerveau et l'hypophyse, une glande de la taille d'un petit pois suspendu à des pédoncules en dessous du cerveau. L'hypophyse produit des hormones qui sont importantes pour la croissance, le développement sexuel et d'autres fonctions corporelles. En cas d'anxiété, de grandes quantités de dopamine sont produites et entraînent une fixation sur la source de la crainte et préparent les muscles à une réaction rapide. En ce sens, la dopamine régule les effets plus sauvages des autres peptides stimulantes comme l'adrénaline et la noradrénaline, en combinant vivacité et concentration. La vitamine B6 et le magnésium sont essentiels à la production de dopamine. L'édulcorant aspartame réduirait les concentrations de dopamine, tandis que fumer augmenterait les concentrations"

source: www.bomi-1-sante.com

En ce qui concerne le glutamate:

"L'acide glutamique n'est pas seulement l'une des briques élémentaires utilisées pour la synthèse des protéines, c'est aussi le neurotransmetteur excitateur le plus répandu dans le système nerveux central (cerveau + moelle épinière) et un précurseur du GABA dans les neurones GABAergiques.

En concentrations excessives, le glutamate déclenche un processus dit d'excitotoxicité, délétère, voire mortel, pour les neurones, particulièrement en cas d'activation des récepteurs NMDA." source

"Le GABA est le principal neurotransmetteur inhibiteur dans le cerveau.

Ces canaux partagent des propriétés structurales importantes avec les récepteurs à l'acétylcholine ionotropes et les récepteurs à la sérotonine 5HT-3 ionotropes.

Les canaux GABAa sont la cible de plusieurs molécules pharmacologiques de première importance en termes de santé humaine :

  • les benzodiazépines, comme le diazépam. ...." source

"Un messager chimique très répandu dans le cerveau, le GABA, a pour fonction naturelle de diminuer l'activité nerveuse des neurones sur lesquels il se fixe. Certains chercheurs pensent que le GABA servirait entre autre à contrôler la peur ou l'anxiété qui se manifeste par une surexcitation neuronale.

C'est à cause de cette propriété du récepteur-canal au GABA qu'on qualifie le GABA de neurotransmetteur inhibiteur, contrairement à un neurotransmetteur excitateur comme le glutamate, par exemple, qui augmente les influx nerveux dans un neurone." source

 

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Ce qu'il faut retenir, c'est:

 

* que ces trois substances (caféine, aspartame, glutamate) agissent sur des neurotransmetteurs ou sur leurs précurseurs.

* que la caféine est un excitant qui peut aussi entraîner de l'agressivité, mais aussi de l'anxiété.

* que la phénylalanine qui résulte de la transformation de l'aspartame provoque les mêmes symptômes que les crises d'angoisse.

* que le glutamate est un neurotransmetteur excitateur qui provoque l'anxiété en augmentant les influx dans un neurone.

* que le glutamate déclenche un processus dit d'exitotoxicité.

 

Ces trois substances (caféine, aspartame et glutamate (E621)) doivent donc être évitées. Elles sont présentent dans les aliments préparés et il suffit de lire la liste d'ingrédients contenue sur chaque emballage.

 

Pendant la période de sevrage, le cerveau est soumis à de grands changements chimiques, il ne faut donc pas le stresser plus en consommant des aliments anxiogènes.

 

Si vous voulez bien comprendre quels sont le rôle des neurotransmetteurs de l'anxiété, prenez le temps d'aller faire un tour sur le site suivant:

Le cerveau à tous les niveaux

 

 

 

23.12.2010

Agoraphobie et douance

Voici trois lignes que j'ai prises dans une note du blog de Raymonde Hazan.

"Finalement, nous arrivons à la conclusion, encore à confirmer, que les agoraphobes seraient des surdoués refoulés.

Refoulé : qui ne s’accepte pas, qui lutte pour être comme les autres et évidemment n’y parvient pas, et qui s’acharne dans une «foule-de–RE», recommencer, ressayer, redire, etc…"

Je pense que Raymonde Hazan a raison. Lorsqu'on est surdoué on devient agoraphobe à cause de notre tendance à vouloir être et faire comme les autres et à ne pas y arriver. Cette envie d'être et d'agir comme tout le monde et le fait de ne jamais y parvenir génèrent de grosses angoisses. On se demande pourquoi on est les seuls à être incapables de faire les choses dites simples et courantes.

C'est très angoissant de se dire que même si on met toute notre volonté et toute notre énergie dans cette lutte pour faire et pour être comme les autres, on n'y arrive pas. On se sent alors faible et vulnérable et on laisse les autres nous marcher dessus. On se dit qu'on n'est vraiment pas à la hauteur et qu'il doit vraiment y avoir quelque chose de grave chez nous pour que rien ne fonctionne "correctement".

On perd peu à peu confiance en nous et on laisse l'angoisse nous envahir. On reste de plus en plus à l'écart puisqu'on n'est pas capable d'être comme les autres. Et plus on reste à l'écart, plus on est angoissé à l'idée de retourner dans un groupe. L'anxiété s'installe alors et nous devenons agoraphobes.

Si l'on regarde mon parcours, j'ai essayé de tout faire comme les autres: Avoir beaucoup d'amis, aimer l'école, passer mon bac, aller à l'université, trouver un emploi, travailler, etc...

J'ai eu beaucoup de peine lors de mes années de gymnase (lycée), parce que j'avais beaucoup de difficulté à comprendre comment les autres faisaient. Cela me perturbait tellement de ne pas arriver à me comporter comme eux que j'ai fini par les éviter. On m'appelait la fille mystère ou le fantôme, tellement j'évitais les groupes. J'avais un ami, un surdoué je pense, avec qui je pouvais parler. Les profs le prenaient pour un guignol et je pense que faire le clown était sa façon à lui de gérer le stress et les autres.

Je n'ai pas réussi à gérer les autres et le stress. Je voulais tellement être comme mes camarades de classe, qui avaient de bonnes techniques pour apprendre leurs cours et qui semblaient ne pas être stressés par leur avenir.

L'avenir m'angoissait et je ne comprenais pas pourquoi j'étais incapable de vivre au jour le jour comme mes camarades le faisaient si bien.

Je luttais pour être comme eux et je n'y arrivais pas ce qui augmentait encore mon anxiété qui était déjà alimentée par la peur de l'avenir.

A 18 ans, j'étais une boule de stress et d'angoisse générée par cette incapacité à être comme les autres.

Je pense que la pédopsychologue, ma mère et mes profs avaient remarqué que je n'étais pas comme les autres, malheureusement, ils ont fait un très mauvais choix pour m'aider à rentrer dans le moule, ils m'ont poussée dans l'enfer de la psychiatrie.

Je ne savais pas à l'époque que mon incapacité à être comme les autres venait de ma différence, de ma douance.

Maintenant que je sais qui je suis, je sais que je ne pourrai jamais être comme tout le monde. Et cette connaissance de ma différence change tout en matière d'anxiété, d'attaque de panique et d'agoraphobie.

Je ne cherche plus à être comme mon entourage voudrait que je sois, je ne cherche plus à coller aux standards ou encore à être comme tout le monde. Je reprends petit à petit confiance en moi en acceptant qui je suis.

En acceptant ainsi ma différence et mon mode de fonctionnement, j'ai fait reculer l'angoisse.

A mon avis, Raymonde Hazan a en partie raison quand elle dit que les agoraphobes sont des surdoués refoulés. Je pense que ce serait plus juste de dire que les surdoués refoulés deviennent agoraphobes, car tous les agoraphobes ne sont pas des surdoués refoulés. Par contre, je suis certaine que tous les agoraphobes sont des êtres qui refoulent leur vrai moi pour essayer de coller au moule.

30.11.2010

24. La méthode de Geert

Été 2010

Depuis plusieurs mois, j'avais vu mon angoisse s'amplifier et se transformer en agoraphobie et en phobie sociale.

Nous avions déménagé à la fin de l'année 2009 et ce changement m'avait beaucoup stressée. Je n'avais plus été capable de me rendre à mon club de sport et je m'étais renfermée chez moi.

Il ne me restait plus qu'une seule activité: mes cours de secrétariat médical à distance que j'avais repris depuis le mois de septembre 2009. J'avais commencé cette formation en 2001 et j'avais rapidement dû y renoncer faute de pouvoir me concentrer.

Je passais donc énormément de temps chez moi à jongler entre mes angoisses et ma formation à distance.

Il devenait de plus en plus urgent que je trouve un moyen de vaincre mon agoraphobie. Mais comment pouvais-je faire sans sortir de chez moi?

Je me mis en quête d'une solution en cherchant sur Internet et j'en découvris une: La méthode de Geert.

Au début, tout cela me parut un peu douteux et je demandais à mon conjoint ce qu'il en pensait. Il me dit que pour savoir si ce programme contre les angoisses n'était pas une arnaque, il fallait faire des recherches Google pour connaître l'avis des gens sur cette méthode. Il fit les recherches et ne trouva rien qui pouvait faire penser que c'était bidon.

Malgré ces recherches, je n'étais pas tout à fait convaincue de l'intégrité de cette méthode. Mon conjoint me dit que de toute façon après avoir dépensé des milliers de francs pour des traitements psychiatriques plus que douteux, ce n'était pas 250.- CHF qui allaient faire la différence. Il me dit: "Essaye! Tant pis si ça ne marche pas et qu'on perd 250.- CHF, on en n'est plus à ça près!"

Je commandais donc le programme de Geert à la fin du mois de mai.

Je commençais le programme au début du mois de juin 2010. La première chose que Geert demanda de faire était d'arrêter de consommer trois produits: La caféine, l'aspartame et l'exhausteur de goût nommé monosodium glutamate (E621). Cela me parut étrange, mais je me dis tant qu'à suivre cette méthode autant faire exactement ce qui y est proposé.

Je fus surprise de découvrir qu'à la fin du mois de juin, soit quatre semaines après avoir commencé à suivre le programme de Geert, je n'avais plus d'attaques de panique. J'étais toujours angoissée, j'avais toujours des débuts d'attaques de panique, mais j'étais enfin capable de les stopper.

Après sept semaines de programme, j'étais à nouveau capable de conduire ma voiture sur des petits trajets.

Et après les 15 semaines que dura le programme, j'avais repris le contrôle de mes angoisses. Moi qui trois mois auparavant étais incapable de sortir de chez moi sans être terrassée par une attaque de panique, j'étais enfin en mesure de les gérer.

Post que j'avais écrit au mois d'août 2010 au sujet du programme de Geert:

Attaques de panique

Au début du mois de septembre 2010, je terminais le programme de Geert et mes cours de secrétariat. Je devais maintenant passer les examens pour obtenir mon diplôme de secrétaire médicale.

Les examens avaient lieu le 25 septembre à plus d'une heure de route de chez moi et devaient durer toute une matinée, c'était l'occasion de vérifier que la méthode de Geert que j'avais suivie pendant plus de trois mois fonctionnait vraiment.

Les jours précédents l'examen, je réécoutais les CDs audio des sessions du programme qui me paraissaient les plus importantes et je fis beaucoup de sport et de relaxation pour mettre toutes les chances de réussite de mon côté.

La nuit précédant les examens, je réussis à dormir correctement et le matin je me réveillais sans être trop angoissée.

Comme il y avait une heure de route pour se rendre jusqu'au lieu de l'examen, je demandais à mon conjoint de m'y conduire. J'arrivais donc dans la salle d'examen dans de bonnes dispositions. Là, le surveillant nous dit que nous n'avions pas le droit de quitter la salle avant la fin des épreuves, c'est-à-dire trois heures plus tard.

Grâce aux conseils donnés dans le programme de Geert, je fus capable d'appréhender ces trois heures d'épreuves sans ressentir la moindre angoisse.

Je ressortis même de la salle d'examen avec le sourire, ce qui surpris beaucoup mon conjoint qui n'avait jamais eu l'habitude de me voir aussi bien après une épreuve stressante.

Je reçu mes résultats trois semaines plus tard: J'avais réussi mes examens et obtenu mon diplôme avec la mention très bien.

Depuis ce jour, je sais que je suis capable de gérer mon anxiété grâce à la méthode de Geert et je ne crains plus d'être terrassée par une attaque de panique.

La méthode de Geert n'est pas seulement un programme pour vaincre les angoisses, c'est aussi une nouvelle philosophie de vie. Elle m'a appris à ne plus me stresser pour des détails et à prendre la vie du bon côté.

Le programme qu'a créé Geert est un condensé de bonnes habitudes à prendre pour ne plus se laisser déborder par les événements stressants de la vie.

Nous sommes au mois de novembre 2010 et je ne souffre plus d'agoraphobie. Les angoisses ne rythment plus ma vie et je peux enfin penser à mon avenir.

En ce qui concerne mes symptômes de sevrage prolongé, ils ont pratiquement tous disparus depuis quelques semaines.

Plus de trois ans après avoir commencé mon sevrage et un peu moins de deux ans et demi après avoir avalé mon dernier comprimé de Tranxilium, j'ai retrouvé une qualité de vie fantastique. Je ne transpire plus de façon anarchique. Je ne souffre plus de maux de tête, ni de problèmes gastro-intestinaux chroniques. Mes tensions musculaires sont parties et mes sens sont revenus à la normale. J'ai retrouvé une bonne partie de ma concentration, de ma mémoire, de ma logique et de mon raisonnement et mon état s'améliore de jour en jour.

Il me reste toutefois un dernier détail à vérifier, une chose à laquelle je songe depuis plus de cinq ans et qui me fait penser que c'est pour cela que les psychiatres m'ont diagnostiquée psychotique et que c'est pour cela qu'ils m'ont administré des neuroleptiques en plus des antidépresseurs et des anxiolytiques depuis mon adolescence....

 

... à suivre

 

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Voici où trouver le programme de Geert pour vaincre les crises d'angoisse, les attaques de panique et l'agoraphobie:

www.sansangoisse.com

 

24.11.2010

23. Prolongement des symptômes de sevrage

Début de l'année 2009, six mois après le sevrage.

En ce mois de janvier 2009, je ressentais toujours les effets du sevrage. Certes, mes angoisses s'étaient un peu amenuisées et beaucoup de choses s'étaient améliorées comme mon bruxisme (ma mâchoire s'était enfin relâchée ), mais je n'étais toujours pas bien.

Physiquement, les symptômes de grippe avaient également un peu diminués grâce à la pratique de sport.

Je réussis à me rendre dans un fitness non-loin de chez moi deux fois par semaine et ça m'aida beaucoup. En plus de me soulager un peu de mes symptômes de sevrage prolongé tels que les raideurs musculaires et la tension nerveuse, cela me permis de reprendre contact avec le monde réel.

Passer plusieurs années recluse dans mon appartement, m'avait fait perdre le contact avec la société et avec les gens.

Bien sûr, cela n'était pas facile de sentir leurs regards un peu surpris par l'abondance de ma transpiration lors des séances de fitness, mais j'essayais de me dire qu'ils ne me jugeaient pas la-dessus.

Quoiqu'il en fût, l'exercice physique me permit d'atténuer mes symptômes et je continuais avec entrain à me rendre à la salle de sport. Même mes douleurs dorsales s'apaisèrent, j'avais moins mal au dos et surtout à la nuque.

Je commençais également à manger différemment, car depuis le début de mon sevrage en automne 2007 je ne m'étais nourrie que de produits laitiers et de céréales, car rien d'autre ne passait.

Je me remis donc à manger des légumes et de la viande et à boire du café et du coca light.

Tout se passa bien jusqu'en août 2009 où subitement je fus terrassée par une série d'attaques de panique. J'essayais tant bien que mal de ne pas me laisser envahir par l'angoisse, mais je n'y parvins pas.

Avec ce retour d'anxiété, j'eus de plus en plus de mal à supporter les douleurs physiques toujours présentes.

En plus de cette rechute, je dus faire face à un déménagement. Certes cela faisait longtemps que mon conjoint et moi cherchions une nouvelle maison, mais là, ça n'était pas le moment. Avec ce retour d'angoisses, je n'étais pas au meilleur de ma forme pour changer d'environnement.

Au mois de novembre 2009, nous déménagions dans notre nouvelle maison. Je n'eus pas la force de me rendre à la salle de sport et je me retrouvais à nouveau enfermée chez moi à cause de mon agoraphobie.

Les symptômes de sevrage prolongé se rappelèrent avec force à mon bon souvenir.

A nouveau je me retrouvais dans cet état semi-grippal. Les tensions musculaires étaient fortes, les suées abondantes et les problèmes gastro-intestinaux très présents.

Mon sommeil était peuplé des rêves étranges, presque réels, ce qui m'angoissait beaucoup. J'appris plus tard que la plupart des psychotropes suppriment une des phases du sommeil et qu'à l'arrêt de ceux-ci cette phase revient et se manifeste par le retour des rêves et des souvenirs. C'est en fait les branchements dans le cerveau qui se refont et permettent d'avoir à nouveau accès à la mémoire et plus particulièrement aux souvenirs.

Mes sens étaient aussi en ébulition. J'avais beaucoup d'acouphènes, je voyais encore un peu plus les contrastes et je ressentais des sensations bizarres tout le long de ma peau ( fasiculations, fourmillements, décharges électriques,...).

Toutes ces sensations me perturbèrent énormément et surtout m'angoissèrent.

Toute cette angoisse ne faisait qu'alimenter mon agoraphobie et je faisais jusqu'à cinq attaques de panique par jour.

Pendant plusieurs mois, de novembre 2009 à avril 2010, je vécus dans la peur, l'angoisse et la terreur. Une nouvelle dépression fit son apparition et j'eus de plus en plus d'idées noires. Je ne me voyais plus d'avenir, car malgré le fait que je ne consommais plus d'antidépresseurs ni d'anxiolytiques et encore moins de neuroleptiques, je ressentais toujours leurs effets secondaires sous la forme du syndrome de sevrage prolongé et mes peurs en avaient été décuplées. Je ne me sentais pas capable de supporter cette angoisse permanente toute ma vie.

Il fallait que je trouve une solution pour me soulager de cette anxiété avant qu'elle ne me pousse à commettre l'irréparable.

Bien évidemment, je songeais tout de suite à la solution de facilité: reprendre des médicaments psychiatriques!

Mais avais-je le droit de gâcher tous mes efforts pour les arrêter en en reprenant maintenant avant d'être absolument sûre qu'il n'existe pas d'autres moyens de lutter contre ces angoisses?

Non, je n'avais pas le droit de replonger, je devais trouver une autre solution.

Je cherchais donc des personnes aptes à m'aider, les psychiatres n'en faisant pas partie, je me tournais vers les psychologues.

Au cours de mes lectures, j'avais constaté que nombre de personnes angoissées qui avaient entamé une thérapie cognitive et comportementale avaient obtenu de bons résultats.

Je me dis que je devais chercher une solution de ce côté là.

Je trouvais l'adresse d'une psychologue spécialiste des troubles panique et pratiquant la thérapie cognitive et comportementale non-loin de mon nouveau domicile.

Après avoir pris rendez-vous, je me rendis à sa consultation. Elle me parut très compétente, malgré sa tendance à me pousser à consulter son médecin de mari pour des bilans sanguins. Je refusais d'ailleurs immédiatement de le voir pour la simple et bonne raison que je n'avais pas les moyens de le payer à cause des termes de mon assurance maladie qui stipluaient le nom du médecin généraliste chez qui je devais me rendre. Cette clause (choisir un médecin de référence) m'avait permis de faire baisser mes primes, ce qui m'était d'une grande utilité depuis qu'on m'avait retiré mes prestations complémentaires qui payaient tous mes frais médicaux.

Malheureusement, à cause de mes attaques de panique, je n'arrivais pas à me rendre seule aux consultations de cette psychologue. Je devais demander à mon conjoint de m'y conduire et en ce mois de mai 2010, il avait très peu de temps. Il me dit de reprendre rendez-vous au mois de juillet afin qu'il ait plus de temps pour m'y amener.

Je téléphonais donc à la psychologue pour annuler mon deuxième rendez-vous auquel mon conjoint ne pouvait pas m'emmener et pour lui demander de me refixer un ou plusieurs rendez-vous au mois de juillet. A ma grande surprise elle s'énerva et me dit que je devais faire un effort pour venir à des rendez-vous réguliers à partir de maintenant sinon elle ne m'aiderait pas.

Je me dis que pour une spécialiste des attaques de panique et de l'agoraphobie, elle devait bien mal connaître son sujet pour ne pas comprendre que j'avais une peur panique de sortir seule de chez moi.

Je ne repris pas de rendez-vous...

Je me retrouvais de nouveau au point de départ: Où trouver de l'aide pour vaincre mon angoisse et mon agoraphobie?

Bien que complètement abattue, je me remis à la recherche d'une solution.

 

... à suivre

 

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Définition Wikipédia:

 

Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) regroupent un ensemble de traitements des troubles psychiques (phobies, addictions, psychoses, dépressions, troubles anxieux…) qui partagent une approche selon laquelle la thérapeutique doit être basée les connaissances scientifiques issues de la psychologie expérimentale et obéir à des protocoles relativement standardisés. Les TCC ont pour particularité de s'attaquer aux difficultés du patient dans "l'ici et maintenant" par des exercices pratiques centrés sur les symptômes observables au travers du comportement et par l'accompagnement par le thérapeute qui vise à intervenir sur les processus mentaux dits aussi processus cognitifs, conscients ou non, considérés comme à l'origine des émotions et de leurs désordres. La standardisation de la pratique des TCC a contribué à la reconnaissance de leur efficacité par leur caractère reproductible qui est une des exigences de la démarche scientifique.

 

 

10.08.2010

1. primum non nuocere

On m'a souvent conseillé d'écrire un livre sur ce qui m'était arrivé pour que d'autres sachent ce qui peut se passer lorsqu'on est trop crédule.

J'avais 18 ans lorsque mon calvaire a commencé, j'en ai maintenant 34 et je relève à peine la tête.

A 18 ans, on est encore très confiant en l'avenir et en l'humanité. Et donc, à aucun moment je n'ai pensé que je devais me méfier des personnes qui prenaient soin de moi: A aucun moment, je n'ai pensé que la médecine pouvait nuire à la santé d'une personne.

Quand on sait que le médecin doit toujours oeuvrer pour le bien de son patient en gardant en tête la célèbre formule latine: "primum non nuocere" qui veut dire: "en premier lieu ne pas nuire", on se demande comment ils peuvent agir comme ils le font.

Un médecin doit toujours respecter la personnalité, la volonté et les droits de ses patients. Il doit également veiller à ne jamais abuser de sa position et à ne jamais exploiter la dépendance de son patient.

Eh bien tout cela n'a été que de la théorie pour les médecins qui se sont occupés de moi, car dans la pratique, leur devise pourrait être: pognon, pognon, surtout du pognon.

C'est un peu cru ce que je dis pensez-vous. Effectivement, ils ne sont pas tous comme cela. Pour exemple, je pourrais déjà vous parler de ma doctoresse généraliste qui a toujours été là pour moi et qui m'a toujours traitée en Etre humain.

Les médecins dont je parle font partie d'une catégorie à part, ils appartiennent à la psychiatrie. La psychiatrie est vraiment une branche très spéciale, je ne considérerais jamais les personnes qui la pratiquent comme des médecins, ce sont des businessmen! Ils font de la détresse des autres leur gagne-pain et ne se privent pas pour abuser de leur position d'hommes de science et de la dépendance de leurs patients fragilisés par la vie.

Ils vont donc à l'encontre de l'éthique et du code de déontologie qu'est sensé respecter tout bon médecin.

J'avais 18 ans, j'étais en troisième et dernière année de gymnase. J'avais mis tellement d'énergie pour réussir mes deux premières années que je commençais à fatiguer nerveusement. Le sommeil me faisait sérieusement défaut et la fatigue me gagnait de jour en jour. J'avais tellement peur de ne pas être à la hauteur en commençant le gymnase, que depuis le début j'avais mis ma vie d'adolescente entre parenthèses. J'avais arrêté de sortir, de faire du sport, de voir des amis, de faire la fête; j'avais vraiment arrêté de vivre pour pouvoir me consacrer entièrement à mes études.

Je passais tout mon temps à étudier, c'était devenu ma raison de vivre, je m'y accrochais comme à une bouée en pleine mer un jour de tempête. J'avais investi tout mon Etre dans cette activité.

Evidemment, la pression qui en découlait était énorme. Je m'étouffais dans cette quête de réussite. Et ce qui devait arriver, arriva: La pression étant devenue trop forte, la digue a cédé et je me suis mise à pleurer tous les soirs en rentrant des cours.

Je n'arrivais plus à dormir et par conséquent plus à me reposer. La fatigue m'ayant ainsi envahie, mes nerfs lâchaient tous les soirs et les larmes se mettaient à couler sans que je puisse les arrêter.

Je ne trouvais aucun réconfort auprès de ma mère qui était elle débordée par ses propres inquiétudes. Je ne devenais pour elle qu'un souci supplémentaire venant se greffer sur ses angoisses.

Je comprends d'ailleurs très bien qu'étant incapable de me venir en aide, elle ait décidé d'accepter l'aide qu'on lui proposait.

Ainsi, je me retrouvais assise juste à coté de ma mère, dans une toute petite pièce, en face de quatre professionnels de la santé. Il y avait la psychologue qui me suivait depuis quelques temps à la demande de ma mère et trois personnes venant de Nant.

Je me suis retrouvée dans cette situation, car la psychologue qui me suivait ne s'occupait que des enfants et ayant eu 18 ans cette année-là, elle ne pouvait ou ne voulait plus assurer mon suivi. Elle a donc dit à ma mère qu'il valait mieux me confier à des spécialistes pour adultes.

Donc, dans cette pièce, se trouvaient en face de moi: un infirmier psychiatrique, un psychiatre de Nant. Je ne les avais jamais vus avant, mais il était apparemment clair pour eux qu'il fallait m'interner en hôpital psychiatrique sur le champ. Ils étaient venus là pour ça et ils ne repartiraient pas sans avoir atteint leur but.

Je ne sais pas ce que la psychologue leur a dit, mais je pense qu'elle a été dépassée par les événements pour qu'on en arrive à un tel résultat.

Ils ont tenté pendant plus de trois heures de me faire céder. Mais rien de ce qu'ils pouvaient me dire ne me donnait la moindre envie de les suivre. Quelle personne sensée aurait envie qu'on l'enferme dans un hôpital psychiatrique alors qu'elle est en train de suivre de études qui la passionnent et qui lui promettent un avenir professionnel de toute beauté?

Certes, j'avais besoin de revoir mes priorités. Mes notes pendant ces deux premières années de gymnase avaient toujours été très bonnes. Je figurais parmi les trois premiers de la classe. J'aurais simplement dû lever le pied et reprendre quelques activités d'adolescente. Ma moyenne aurait peut-être un peu chuté, mais pas au point de me faire échouer. Finalement, j'avais juste besoin qu'on me dise que le vie ne se résumait pas à réussir son baccalauréat et que j'avais le droit de vivre mon adolescence en même temps que mes études.

Mais alors comment me suis-je retrouvée, un soir après une journée de cours, à devoir me battre pour ne pas être internée? Comment en sont-ils venus à cette idée?

Et j'ai bien lutté, j'ai tenu plus de trois heures assaillie par leurs arguments en faveur d'un internement. Je me suis battue, j'ai résisté, je ne voulais pas qu'on m'enferme. Je n'avais rien à faire là-bas. J'y étais presque quand ils ont prononcé la phrase qui m'a fait céder:

"Tu vois ce que tu fais subir à ta mère !"

Là, j'ai craqué....

 

à suivre...

05.08.2010

Attaques de panique

Bonjour,

Depuis 10 semaines, je suis un programme qui permet d'en finir avec les attaques de panique.

Je l'ai trouvé sur Internet.

C'est un gars qui a souffert d'attaques de panique depuis son adolescence et qui a essayé de trouver de l'aide dans son pays (Belgique) et en Europe sans y parvenir. Il est alors parti pour les Etats Unis où il a enfin trouvé cette aide qui n'existe pas sur le vieux continent.

Geert, c'est son prénom, a décidé ensuite de créer un programme audio pour aider toutes les personnes qui souhaitent vaincre leurs attaques de panique et leur agoraphobie.

Mais qu'est-ce qu'une attaque de panique?

C'est la peur d'avoir peur. C'est un mécanisme qui se déclenche dans le corps lorsqu'on a peur de quelque chose. Peur de prendre l'avion, peur de conduire, peur dans un supermarché... Une personne qui souffre d'une attaque de panique va avoir des symptômes très désagréables comme:

  • le coeur qui s'accélère
  • des nausées
  • des vertiges
  • des fourmillements dans les membres
  • des problèmes digestifs
  • souffle court
  • sensation d'étouffement
  • sueurs
  • bouffées de chaleur ou de froid
  • sentiment d'irréalité
  • crainte de perdre la maîtrise de soi

 

La liste n'est pas exhaustive et il n'est pas nécessaire d'avoir tous les symptômes pour avoir une attaque de panique. Le point commun à toutes les personnes est généralement le sentiment qu'elles vont mourir ou devenir folles.

Ce qu'il faut savoir, c'est que vous n'allez pas mourir et que lorsque l'attaque de panique survient, elle ne peut durer que 20 minutes, car le corps n'est pas capable de maintenir cet état d'alerte plus de 20 minutes.

En fait, ce qui se passe lorsque vous avez une attaque de panique: c'est un mécanisme de défense archaïque qui se met en marche.

Vous avez peur et le corps sait que lorsque vous avez peur il doit déclencher ce mécanisme de défense pour se protéger d'un élément extérieur hostile.

Que fait le corps pour enclencher ce mécanisme? Il produit de l'adrénaline, car l'adrénaline lui permet de se mettre dans les meilleures dispositions pour faire face à une attaque ou pour préparer la fuite. Et c'est cette montée d'adrénaline dans le corps qui produit tous les symptômes désagréables cités plus haut.

Attaquer quoi et fuir quoi me direz-vous? Eh bien c'est un mécanisme qui remonte au temps où les Etres humains devaient faire face à divers dangers réels, comme les mammouths et autres bêtes dangereuses. Ces mécanismes sont toujours là, mais l'homme doit fuir ou attaquer des peurs qui sont beaucoup moins concrètes de nos jours. Donc ces peurs lui paraissent déplacées et il ne comprend plus très bien l'utilité des attaques de panique et encore moins la présence de ces symptômes désagréables.

Mais il est possible de reprendre le contrôle de ses peurs et de son corps (décharge d'adrénaline) afin que l'attaque de panique ne se déclenche pas quand il n'y a pas lieu de fuir ou d'attaquer; c'est à dire presque jamais, sauf si vous devez réellement sauver votre vie.

Et ne vous inquiétez pas, c'est assez simple. En gros, il faut faire trois choses:

  • arrêter de consommer de la caféine, de l'aspartame et du mono sodium glutamate (E621)
  • pratiquer assez d'activité physique (évacuer le stress physique et les substances (cortisol, adrénaline,...) qui sont dans le corps)
  • faire attention à ses pensées pour ne pas lancer le processus d'attaque de panique (c'est facile une fois que l'on ne consomme plus du tout de caféine, d'aspartame et de E621, car ces derniers produisent des symptômes identiques à ceux ressentis lors d'une attaque de panique et ce sont ces symptômes qui nous font peur et génèrent des pensées angoissantes du type: est-ce que j'ai un cancer, une crise cardiaque, ...)

 

Je donne ici les grandes lignes qui permettent de ne plus souffrir d'attaque de panique. Mais revenons au programme qui permet d'arriver à cela:

Ce programme s'étend sur 15 semaines, à chaque semaine correspond une session. Une session contient une partie audio (un CD audio d'environ une heure) à écouter plusieurs fois et des devoirs à faire.

Dans son programme, Geert explique le fonctionnement des attaques de panique, ce qui les déclenche et le moyen pour les stopper. Il donne une marche à suivre très efficace pour arrêter une attaque de panique qui commence. Les 6 étapes de cette marche à suivre sont assez facile à mettre en pratique.

Il parle également des substances qui donnent les mêmes symptômes que les attaques de panique. Il propose d'arrêter de consommer ces produits (caféine, aspartame et mono sodium glutamate (E621)) et c'est vrai qu'au bout de 4 semaines sans consommer ces trois substances, le changement est flagrant, c'est comme si les attaques de panique disparaissaient toutes seules.

Ce programme fonctionne vraiment lorsqu'on s'applique à suivre les règles.

J'en suis maintenant à la session 10 (=semaine 10) et je n'ai plus eu d'attaque de panique depuis 5 semaines. Je suis toujours un peu angoissée, mais cela devient tout à fait gérable.

En plus, on peut compter sur le soutien de Geert qui répond aux questions qu'on lui pose par e-mail dans les 24 heures. Il se propose d'être notre coach pendant ces 15 semaines et c'est ce qu'il fait avec beaucoup de sérieux.

Si vous souffrez d'attaques de panique, d'agoraphobie, d'angoisse généralisée, je vous conseille vivement de commander ce programme. Il est très efficace et pas cher: 159 euros. C'est le prix de deux à trois consultations chez un psy.

Sachant que j'ai payé pendant 15 ans des psychothérapeutes qui n'ont jamais été capable de m'aider à vaincre mes attaques de panique, acheter ce programme pour le prix de deux de leurs consultations, c'est donner. :)

Je sais, il y a de quoi être sceptique, surtout si vous êtes comme moi et que vous avez tout, mais alors tout essayé pendant des années pour vous débarrasser de ce problème. Vous pensez que c'est un truc de plus qui ne va pas fonctionner et que vous aurez dépensé de l'argent pour rien. Eh bien, attendez-vous à être surpris en bien pour une fois, ça marche!

Voici le lien vers le site contenant ce programme: www.sansangoisse.com