01.12.2010

25. Résumé et conclusion

Automne 2010

J'ai enfin réussi à vaincre mes angoisses et mon agoraphobie grâce à la méthode de Geert.

Si je reviens sur mon parcours psychiatrique au cours de ces 15 dernières années, voici ce que ça donne:

En 1994, ma famille et une psychologue me poussent dans l'enfer de la psychiatrie suite à un mal-être d'adolescente et à la surcharge de travail que je me suis infligée depuis mon échec en 9ème année scolaire.

Les psychiatres qui me prennent en charge, m'injectent des psychotropes (anxiolytiques/sédatifs, neuroleptiques) contre ma volonté pendant quelques semaines, tout en brisant mes dernières résistances au moyen d'un chantage psychologique et d'humiliations physiques (les packs).

Ils posent un diagnostic lourd - psychotique paranoïaque à tendance schizophrène - à partir de deux tests (le Rorschach* et le TAT**) que m'avait fait passer la psychologue.

Fin de l'année 1994 et début de l'année 1995, je ne suis plus qu'une épave...

De 1995 à 2005, j'erre de psychiatre en psychiatre, cherchant désespérément une solution pour sortir de l'état où je me trouve. Je ne sais pas encore que ce sont les traitements médicamenteux qui me rendent si malade et je ne me rends pas encore compte de la dépendance que mon organisme a développé à ces substances. Pendant ces dix années, d'autres diagnostics sont posés: Dépression grave, narcissisme, maniaco-dépression, ...

De 2005 à 2007, je me rends compte que la médication qui m'a été administrée depuis plus de dix ans est en train de me tuer à petit feu. Je reçois encore un dernier diagnostic, cette fois je suis borderline...

En automne 2007, perplexe quand à la compétence du corps médical et de la psychiatrie en particulier, je décide de m'en affranchir en entamant un sevrage, car je réalise que ce qui m'a toujours liée à eux, c'était ma dépendance à leurs produits (antidépresseurs, neuroleptiques et anxiolytiques).

En juillet 2008, je prends mon dernier comprimé, je suis sevrée.

De juillet 2008 à septembre 2010, je souffre d'un syndrome de sevrage prolongé assez lourd.

Aujourd'hui, je ne prends plus aucun médicament psychiatrique depuis presque deux ans et demi et je me sens enfin mieux.

La seule chose qui me pose problème est de savoir pourquoi le corps médical et la psychiatrie en particulier avaient pu me trouver autant de maladies mentales! Comment peut-on être en même temps psychotique, paranoïaque, schizophrène, maniaco-dépressif, dépressif, narcissique, borderline et j'en passe? Sans compter le fait que si je souffrais réellement de tous ces troubles, comment aurais-je été capable de suivre des études supérieures, de décrocher un baccalauréat scientifique et de poursuivre une formation en informatique?

Comment expliquer le fait également que je n'ai jamais tenter de me suicider malgré le diagnostic de dépression grave qui m'a été collé pendant plus de cinq ans?

J'ai posé ces questions aux derniers psychiatres que j'ai été voir. Ils m'ont répondu que cela n'avait rien à voir! Je leur ai aussi fait part de mon idée sur ce qui pouvait bien me rendre si étrange à leurs yeux et qui pouvait aisément expliquer leur incapacité à trouver un diagnostic qui me convienne sur la longueur.

Je leur ai demandé, si ma différence ne venait pas du fait que je pouvais être une personne dite à haut potentiel. Tout ce qu'ils ont trouvé à répondre et ce sur un ton exaspéré, c'est: "Tous les malades mentaux se prennent pour des génies!"

Cela m'a profondément blessée et j'ai laissé passer cinq ans avant d'oser à nouveau penser à ce "diagnostic".

Au début de l'année 2010, je me suis de plus en plus documentée sur le sujet de la douance. J'ai lu une demie-douzaine de livres traitant des caractériatiques des personnes surdouées.

A la fin du printemps, je me suis décidée à chercher des psychologues spécialistes de la douance, afin de faire un bilan et un test de QI pour déterminer si mes particularités venaient bien de là. J'ai trouvé une psychologue spécialisée dans ce domaine et j'ai pris rendez-vous.

Lors de notre premier entretien au mois d'août 2010, elle m'a dit qu'elle pensait effectivement que c'était cela. Nous avons pris rendez-vous au mois de novembre 2010 pour qu'elle me fasse passer un bilan complet et quelques jours plus tard, elle m'annonçait que j'étais bien une personne surdouée.

Les résultats du bilan ont également montré que toutes ces années passées sous le joug de la psychiatrie m'avaient déstabilisée et profondément meurtrie. Mes résultats en terme de rapidité de traitement, de mémoire, de concentration et d'estime de soi ont été grandement affectés par des années de mauvais traitements psychologique et médicamenteux.

Au travers de mes lectures, je me suis rendue compte qu'il arrivait très fréquemment que des personnes surdouées soient aussi maltraitées par la psychiatrie. La psychiatrie ne reconnaît pas l'existence des personnes dites à haut potentiel.

Ce que remarquent les psychologues spécialistes des surdoués à ce sujet:

Extrait d'un texte écrit par Jeanne Siaud-Facchin (psychologue spécialiste de la douance):

" [...] Les dérives diagnostiques sont trop fréquentes. Elles résultent de la conjonction de plusieurs facteurs: la méconnaissance des caractéristiques psychologiques de l'enfant surdoué, l'absence de formation dans le milieu médical et paramédical, les résistances idéologiques -pourquoi aider et comprendre ceux qui ont plus ?-, le caractère souvent atypique du tableau clinique. Et cela peut aller jusqu'au déni de l'identité de ces enfants et de ces adolescents, de leurs spécificités, mais surtout de leur vécu et de leur souffrance. Il ne faut jamais oublier que tout diagnostic est émis par un soignant en regard d'une norme et de sa propre capacité à accepter, à tolérer, des écarts par rapport à cette norme. L'enfant surdoué est par définition, hors normes. Il a un fonctionnement, une pensée, une affectivité qui déroutent, qui dérangent. En l'absence d'une possibilité de comprendre ce qui fonde ce décalage un enfant ou un adolescent surdoué qui présente des manifestations ou des symptômes de souffrance psychologique peut être rapidement entraîné vers des pathologies qui ne le concernent pas. Il a été en particulier montré que les surdoués montrent dans le test de personnalité de Rorschach, plus connu sous le nom de test des "taches d'encre", des caractéristiques dans les réponses qui s'apparentent à celles produites par les patients schizophrènes. La raison tient à ce qu'un surdoué produit un grand nombre de réponses divergentes, différentes de celles attendues. Et ce non pas en raison d'une pathologie mais parce que la pensée du surdoué est justement caractérisée par une pensée en arborescence qui se démultiplie sur plusieurs axes simultanément et qui quitte rapidement les formes plus consensuelles de la pensée et les idées courantes. Pourtant, en psychiatrie de l'adolescent les confusions diagnostiques entre mode de pensée singulier et mode de pensée pathologique créent des confusions dramatiques pour l'avenir psychologique du surdoué qui en est l'objet. [...]"

Source: www.cogitoz.com

 

Extrait d'un texte écrit par Arielle Adda (psychologue spécialiste de la douance):

" [...] puisque si jeune il est déjà si différent, les parents vont "consulter", en proies à une anxiété qui sera déjà comprise comme le premier symptôme de pathologie.

Puisque le tableau le plus clair est celui décrit par l'école et que les précisions ajoutées par les parents le compliquent et l'obscurcissent au lieu de le clarifier, il ne reste qu'à traquer "l'anormalité" et à s'y attaquer.
Nous nous trouvons là au point de départ du processus qui va entraîner tous les protagonistes dans une série d'actions totalement inefficaces, car fondées sur un malentendu capital.
En effet cet enfant semble un peu différent, mais on va étudier son cas, l'aider à s'adapter, puisqu'il est considéré comme "
hors-norme", ce qui n'est pas très éloigné de "l'anormal".

Je veux pour preuve de cette idée préalable, le déroulement des examens psychologiques subis en générale par ces enfants. Puisqu'ils ont réussi avec succès les tests scolaires et qu'ils sont manifestement intelligents, on ne pratique pas de test de QI. En revanche, on leur fait passer un Rorschach, toujours délicat à manier avec un jeune enfant, et qui devrait seulement, en principe, contribuer à l'établissement d'un diagnostic, dans un protocole plus complet. Le simple fait de se contenter d'un Rorschach, au lieu de recourir à une batterie plus complète de tests, peut être considéré comme l'élément premier du malentendu : le Rorschach suppose souvent une pathologie qu'il convient de mettre au jour, et il arrive qu'une imagination débordante, tout comme une inhibition totale, peuvent être interprétés de façon très négative. [...]"

Source: www.douance.org

***

 

La psychiatrie me fait peur. J'ai peur de son pouvoir et de l'impunité dont elle dispose. Personne ne remet jamais en question les diagnostics que posent les psychiatres. C'est comme si leur parole était parole d'évangile!

Comment une société peut-elle laisser autant de pouvoir à une discipline qui ne se base même pas sur des preuves scientifiques?

Si les scientifiques admettent ne comprendre qu'une toute petite partie du fonctionnement du cerveau, comment les psychiatres peuvent-ils prétendre maîtriser tous les aspects de ce dernier?

Comment une pseudo-science a-t-elle pu prendre autant de place dans nos sociétés?

Des vies entières sont brisées par la psychiatrie depuis des décennies, mais personne ne fait rien. Pourquoi?

 

Fin

 

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Informations:

* Rorschach

** TAT

"Beaucoup d'enfants, d'adolescents et d'adultes doués sont erronément diagnostiqués comme ayant des troubles du comportement, voir des troubles mentaux. On essaie, à coup de médicaments ou de thérapies inutiles, de les faire entrer dans le moule de l'école, de l'entreprise ou de la famille, ou de rendre leur vie ou leur situation plus satisfaisante."

Source: www.douance.be

Définition:

DSM-IV
"«Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders» (4e édition) (Manuel diagnostique et statistique des maladies mentales). Il s'agit d'un système de classification des maladies mentales développé par l'American Psychiatric Association. Pour chaque maladie mentale, on donne une liste de symptômes dont un certain nombre doit être présent pour que le diagnostic s'applique."

Source: http://www.ustboniface.mb.ca/cusb/psy121/guide/frameglo.h...

 

 



18.11.2010

22. Syndrome de sevrage prolongé

Eté 2008

J'avais 32 ans, je venais de prendre mon dernier Tranxilium, j'allais enfin vivre sans cette substance.

Après plus de 13 ans de dépendance aux neuroleptiques, aux antidépresseurs et aux anxiolytiques, j'avais réussi à me sevrer seule de ces produits.

Malheureusement, les douleurs et les terreurs atroces dues aux 10 mois de sevrage ne firent pas place à une vie tranquille.

En effet, le sevrage se poursuivit bien après l'arrêt total de la prise de médicaments psychiatriques. Les molécules actives de ces produits restant encore présentes dans le corps pendant une très longue période et surtout il faut énormément de temps au corps pour se remettre de ces années de prises.

Au mois d'août 2008, libre de toutes substances psychotropes, j'en ressentais toujours leurs effets.

L'angoisse et la peur étaient plus présentes que jamais.

Physiquement, j'avais toujours l'impression d'être malade. J'avais tous les symptômes d'une forte grippe: Maux de tête, fatigue, douleurs musculaires, nausées, vomissements, diarrhées, sueurs très abondantes, fièvre,...

J'avais également besoin d'uriner toutes les heures, voire toutes les trente minutes.

Mes nuits étaient remplies de cauchemars et mes journées de peur panique.

Les terreurs qui peuplaient mes jours et mes nuits étaient difficiles à supporter et je dus résister de toutes mes forces à l'envie de les calmer en prenant un Tranxilium.

Les peurs générées par l'arrêt des médicaments se muèrent en terreurs et je me dis que je n'aurais jamais la force de survivre dans cet état.

Bien des fois, je songeais à mourir tellement ces terreurs étaient violentes.

Au mois de janvier 2009, plus de six mois après mon sevrage, je ressentais toujours les mêmes symptômes de sevrage.

Je suais abondamment jour et nuit. Mon état ressemblait toujours à un état grippal; douleurs musculaires, maux de tête, diarrhées, nausées, vertiges, fatigue, ...

A cet état grippal vinrent s'ajouter des acouphènes ainsi que d'autres troubles sensoriels. Mes sens reprenaient leurs fonctions tout en étant ultrasensibles.

Je commençais à voir plus net, les contrastes étant à nouveau plus présents.

Je ressentais également des sensations à travers ma peau. Au début très peu et par la suite beaucoup trop.

C'était comme si mes sens essayaient de se rééquilibrer en passant d'une extrême à l'autre.

Toutes ces sensations associées aux douleurs physiques et aux angoisses générées par l'arrêt des médicaments me plongèrent dans un état de peur extrême.

Cette terreur permanente se traduisit physiquement par une allopécie (chute de cheveux), des tremblements, des sueurs et des problèmes gastro-intestinaux et elle se manifesta psychologiquement par une agoraphobie et une dépression.

Je sus identifier ces problèmes physique et psychologique comme étant des conséquences de mon sevrage et je ne repris pas de substances pour les contrer.

La seule aide médicamenteuse que je pris fut de l'Ibuprofène à dose normale et du Relaxane.

Bien évidemment, ces deux produits ne m'aidèrent que partiellement, mais ils me permirent de résister à l'envie de prendre un Tranxilium pour tout arrêter.

C'était affreusement dur de résister à l'envie de prendre n'importe quel médicament psychiatrique pour ne plus souffrir, surtout quand cela faisait plus de six mois que le sevrage était terminé et que je subissais toujours ses effets.

En ce début d'année 2009, je me demandais si un jour j'allais me sentir bien et ne plus être terrassée par ces symptômes de sevrage prolongé.

Ce fut à cette époque que mes capacités de concentration, de mémorisation et de raisonnement commencèrent à revenir. Je lus donc très attentivement les informations concernant le syndrome de sevrage prolongé contenues dans un site consacré aux méfaits des benzodiazépines.

Je cherchais également des témoignages de personnes ayant vécu la même chose que moi. Je ne trouvais aucun témoignage en français (livre), mais je découvris le témoignage de Joan E. Gadsby en anglais. Cette dame avait vécu 23 ans de dépendance aux benzodiazépines et avait réussi à se sevrer et à reprendre une vie presque normale.

Lire son témoignage me redonna du courage et de l'espoir, car j'avais enfin la preuve qu'on pouvait s'en sortir et reprendre une vie presque normale.

Visiblement, je devrais faire face à des séquelles à long terme, mais il était possible de revivre!

Pour le moment, je me trouvais dans une des phases les plus difficiles après le sevrage.

C'était maintenant que je devais déployer le plus de ressources et de volonté. C'était maintenant que je ne devais absolument pas craquer, que je ne devais pas laisser la dépression et l'angoisse du post-sevrage prendre le dessus et me faire sombrer.

Je mobilisais donc toutes mes forces pour ne pas me laisser submerger par la peur, l'angoisse et la dépression.

Je commençais à refaire du sport pour combattre l'anxiété et la dépression et pour améliorer l'état de mon organisme durement éprouvé par ces longs mois de sevrage.

C'était difficile, car après plus de deux ans à rester couchée dans mon lit ou assise sur un canapé, je n'avais plus l'habitude de bouger.

Mais comme j'avais toujours pratiqué beaucoup de sport avant mon sevrage, je savais qu'après plusieurs semaines d'entraînement, mes capacités physiques allaient revenir. Par ailleurs, c'était certainement grâce au sport que je n'avais pas pris plus de 15 kilos en 13 ans de dépendance aux antidépresseurs et aux anxiolytiques.

En ce début d'année 2009, je savais que je devais me bouger aussi bien physiquement que moralement pour résister à l'angoisse et à la dépression générées par le sevrage.

Je devais absolument mobiliser toute ma volonté pour reprendre possession de mon corps et de mon âme si longtemps abandonnés à la psychiatrie.

Je devais lutter pour reprendre le contrôle de ma vie si longtemps laissé aux mains des psychiatres...

 

... à suivre

 

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Informations:

Livre de Joan E. Gadsby: "Addiction by Prescription; One Woman's Triumph and Fight for Change"

Site de Joan E. Gadsby:

http://www.addictionbyprescription.com/

 

 

 

27.10.2010

21. Sevrage

Sevrage

Septembre 2007 - juillet 2008

Il me faudra 10 mois pour passer de 6 comprimés de Tranxilium par jour à zéro.

Le sevrage fut très dur. Les symptômes de sevrage que je ressentis furent atroces et plusieurs fois je faillis tout abandonner.

Ma généraliste finit par me prescrire du Relaxane, du Millepertuis et du Paracétamol pour m'aider à supporter les angoisses, la dépression et les douleurs physiques générées par le sevrage.

Tout au long des dix mois qu'il me fallut pour me sevrer, les symptômes de sevrage furent présents et intenses.

Je n'ai pas la force de décrire en détails ce qui c'est passé pendant ces dix mois, mais je ne pus pas sortir de chez moi sans être assaillie par la peur et l'angoisse. Mes nuits furent courtes et peuplées de cauchemars. Les jours parurent trop longs, interminables. Les douleurs physiques furent atroces et à plusieurs reprises je crus que mon corps et mon esprit n'allaient pas résister au sevrage.

Voici la liste des symptômes de sevrage aux benzodiazépines: (http://benzodiazepines.onlc.fr)

Symptômes de sevrage aigu

 

Acouphènes

Agitation

Agoraphobie

Agressivité

Akathisie (besoin impérieux de bouger)

Anxiété

Apathie (état de fatigue physique ou intellectuelle profond (mais le plus souvent réversible) se caractérisant par une indifférence à l'émotion et aux désirs)

Ataxie (trouble de la coordination des mouvements)

Attaques de panique

Bouffées de chaleur

Cauchemars

Manque de souffle

Constipation

Convulsions (en cas de sevrage brutal)

Démangeaisons, peau sèche

Dépersonnalisation (désigne l'expérience d'un sentiment de perte de sens de la réalité. Une personne souffrant de ce trouble a l'impression qu'elle a changé et que le monde paraît moins réel (il est flou, comme dans un rêve, ou manque de sens))

Dépression

Déréalisation

Diarrhée

Distorsion de l’image corporelle, perceptions faussées

Douleurs dentaires

Dysphorie (perturbation de l'humeur caractérisée par un sentiment déplaisant et dérangeant de tristesse, d'anxiété, de tension, d'irritabilité)

Excitabilité

Faiblesse musculaire, « jambes en coton »

Fasciculations (petite contraction musculaire involontaire visible sous la peau)

Formication (sensation comparable à celle d'insectes rampant sur ou sous la peau)

Goût métallique dans la bouche

Hyperacousie (hypersensibilité au son)

Hypersensibilité sensorielle

Hyperosmie (odorat sensible)

Hyperthermie

Hyperventilation

Insomnie

Irritabilité

Nausées

Nervosité

Obsessions

Palpitations cardiaques

Pensées intrusives

Perte de poids (peut être très rapide)

Perturbations sensorielles

Photosensibilité

Prise de poids

Rage irrationnelle

Sensation de brûlure au niveau du cuir chevelu

Sensation de choc électrique à travers le corps

Sensation d’étouffement

Sensation d’inconfort et d’oppression dans la poitrine

Spasmes (habituellement musculaires)

Sueurs, suées nocturnes

Symptômes psychotiques (habituellement temporaires et limités au sevrage rapide) (Hallucination, idées délirantes, troubles du cours de la pensée)

Tremblements

Vomissements

 

 

Pendant dix mois je souffris de pratiquement tous les symptômes présents dans cette liste.

Au mois de juillet 2008, je réussis à ne plus devoir prendre de Tranxilium, j'étais enfin libérée de ces substances.

A 32 ans, après plus de 13 ans de dépendance, j'avais enfin réussi à me sevrer et je comptais bien ne plus jamais laisser un seul médecin m'injecter ces substances de force.

Au mois d'août 2008, mon conjoint dut se rendre en Angleterre pour des raisons professionnelles. Il devait rester là-bas pendant six mois.

Je me dis que tout allait bien se passer puisque maintenant je ne prenais plus de médicament, mais ce que je ne savais pas, c'était que le syndrome de sevrage pouvait se prolonger bien au-delà de la période de sevrage à proprement dite.

Ainsi, au mois d'août 2008, je me retrouvais seule pour affronter le syndrome de sevrage prolongé...

 

... à suivre

 

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Informations Wikipédia:

"La dépendance peut apparaître après un traitement aux benzodiazépines poursuivi plusieurs semaines. Après un délai d'un à dix jours après la dernière prise, le sevrage est acquis, la durée et l'intensité varient en fonction de la molécule concernée.

[...]

Le syndrome prolongé de sevrage aux benzodiazépines se produit chez 10 à 15% des patients, les manifestations de sevrage ne disparaissent qu’après plusieurs mois, voire plusieurs années (jusqu'à 10 ans). On n’en connaît pas clairement la raison. Les neurotoxiques seraient stockés dans les corps gras du corps humain, en particulier dans le cerveau

L'origine génétique des troubles prolongés dus au sevrage aux benzodiazépines aurait été découverte par Oregon Health & Science University. Les principaux symptômes de sevrage de longue durée sont l’angoisse, l’insomnie, la dépression, divers symptômes sensoriels et moteurs, des troubles gastro-intestinaux, ainsi que des troubles de la mémoire et des troubles cognitifs. Les professeurs Heather Ashton, Malcolm Lader, Peter Breggin, David Cohen travaillent sur ce syndrome. Le syndrome prolongé de sevrage aux benzodiazépines est un état iatrogène."

 

Définition de iatrogène:

"Une maladie, un état, un effet secondaire, etc. sont iatrogènes lorsqu'ils sont occasionnés par le traitement médical. En grec, le mot signifie littéralement "provoqué par le médecin" (iatros : médecin ; génès : qui est engendré), ou par d'autres professionnels de la santé, par exemple par un pharmacien."

 

 

26.10.2010

20. Début de sevrage

Septembre 2007

Après treize ans de dépendance aux neuroleptiques, aux antidépresseurs et aux anxiolytiques, je n'en pouvais plus.

Toute ma vie d'adulte s'était résumée à ça et je ne voulais plus vivre si c'était uniquement pour attendre ma prochaine dose.

En 1994, sous la pression de ma famille et le chantage des médecins de l'hôpital psychiatrique de Nant, j'avais accepté d'être aidée parce que le stress et le surmenage dus à mon surinvestissement dans mes études commençaient à trop peser.

Mais au lieu de m'aider, les psychiatres de Nant m'ont forcée à prendre des neuroleptiques et des sédatifs contre ma volonté. Je ne voulais pas avaler ce genre de substance, alors ils me les ont injectées de force jusqu'à ce que j'en devienne dépendante et que je les prenne bien docilement par voie orale.

J'avais 18 ans.

Entre 1994 et 2007, j'avais tenté à plusieurs reprises d'arrêter de prendre ces médicaments, mais ne connaissant pas le fonctionnement de la dépendance à ce genre de substance, je me voyais à chaque fois obligée de reprendre ce traitement.

J'avais demandé à plusieurs psychiatres de m'aider à arrêter de consommer ces produits psychiatriques, mais aucun d'eux n'accéda à ma demande. Ils préfèraient me prescrire un nouveau médicament à chaque fois que la tolérance au médicament précédent apparaissait.

A aucun moment, ces psychiatres n'ont admis que ces produits (antidépresseurs / anxiolytiques / neuroleptiques) pouvaient entraîner une dépendance et/ou une tolérance. Ils préféraient croire que les sensations de manque que je ressentais, ainsi que les effets secondaires lourds et les réactions paradoxales dues à la prise prolongée de ces substances étaient la manifestation de l'aggravation d'une maladie mentale.

J'ai donc pensé pendant treize ans que je souffrais d'une maladie mentale qui s'aggravait, jusqu'à ce que je commence à me renseigner sur les substances que les psychiatres me faisaient prendre depuis 1994.

Ce fût grâce à mes recherches menées en grande partie sur Internet, que je découvris que les médicaments que les psychiatres me prescrivaient pouvaient entraîner tous les phénomènes qui étaient identifiés par eux comme les signes cliniques d'une maladie mentale.

Je m'informais au maximum sur ces produits et je compris enfin ce qui se passait dans ma tête et dans mon corps. Je compris les différents mécanismes qui génèraient la dépendance, la tolérance, l'aggravation des effets secondaires et la manifestation des réactions paradoxales. Et je compris également qu'il ne me serait pas facile de me sevrer seule.

J'entamais mon sevrage en automne 2007, à l'âge de 31 ans.

Je diminuais très lentement les doses de Tranxilium quotidienne pour ne pas trop souffrir du manque.

Avant de commencer mon sevrage je souffrais beaucoup des effets secondaires suivants: maux de tête, transpiration excessive, diahrrée chronique, besoin d'uriner fréquent (toutes les 30 minutes), tension musculaire permanente, prise de poids, sensation d'être en hypoglycémie tout le temps, vertige, fatigue chronique, insomnie, cauchemars, somnolence, allergies cutanés, agoraphobie, ...

Dès que je commençai à diminuer ma quantité de Tranxilium quotidienne, je dus supporter des migraines atroces, une transpiration tellement abondante que je devais me changer au cours de la nuit, un besoin d'uriner fréquent, des diahrrées incessantes, un état grippal permanent, des insomnies et des hypersomnies, ....

Je dus faire face à un retour de l'agoraphobie, de l'anxiété généralisée et de la dépression. Les psychiatres appellent ça l'effet rebond. Ils définissent l'effet rebond comme étant l'augmentation des symptômes déjà présents avant la prise de médicament et avant la dépendance. Sauf que je n'ai jamais eu d'attaque de panique, d'anxiété généralisée ou encore de dépression avant que les psychiatres ne m'obligent à prendre ces produits.

A nouveau, cette manifestation de l'anxiété, ainsi que celles d'autres symptômes de sevrage sont mal connues des psychiatres qui mettent ça sur le compte d'un problème préexistant du patient. Ils considèrent l'apparition de ces symptômes pendant le sevrage comme une réapparition des symptômes préexistants et la nomme effet rebond, alors qu'il s'agit bel et bien de symptômes de sevrage (* voir informations).

C'est donc parce que les psychiatres interprètent les symptômes de sevrage comme étant la réapparition des symptômes préexistants, qu'ils obligent leurs patients à reprendre leur traitement en les convainquant que ces symptômes sont une manifestation d'un problème psychiatrique profond.

Je souffris pendant plusieurs longues semaines de très forts symptômes de sevrage, mais je tins bon et ne repris pas plus de Tranxilium pour palier à l'anxiété généralisée qui avait fait son apparition depuis le début de mon sevrage.

Les premières semaines et les premiers mois de sevrage furent très difficiles à supporter, mais je savais que je devais passer par là pour pouvoir retrouver ma liberté...

 

... à suivre

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Informations

Effet rebond et symptômes de sevrage:

"La liste suivante comprend des symptômes de sevrage rapportés par un nombre suffisamment significatif de personnes pour être considérés en lien avec le sevrage. Peu connus des médecins, ces symptômes sont hélas trop souvent mal interprétés. L'anxiété ou la dépression, qui sont pourtant des symptômes de sevrage à part entière, sont attribués à l'état psychique "préexistant" du patient, de même qu'un certain nombre d'autres symptômes "psychiatriques" (agoraphobie, phobie, dépression, déréalisation, attaques de panique, etc.). De leur côté, les symptômes physiques du sevrage aux benzodiazépines, qu'il soit aigu ou prolongé, font presque toujours l'objet de diagnostics erronés : fibromyalgie, pour les douleurs musculaires ou articulaires, syndrome du côlon irritable pour les troubles gastriques, maladie de Ménière pour expliquer les vertiges et acouphènes, etc."

Source: http://benzodiazepines.onlc.fr/index.php?page=10

 

"la benzodiazépine est souvent prescrite pour lutter contre un état anxieux ou une insomnie transitoire. Il ne fait pas de doute que le produit est efficace dans les premières semaines - pourtant il perd peu à peu toute efficacité, mais si le patient s'avise de l'arrêter, l'anxiété et l'insomnie réapparaissent avec une force toute particulière (le niveau d'anxiété ou d'insomnie symptômes du sevrage excèdant bien souvent leur niveau initial). Comme la réintroduction de la benzodiazépine fait aussitôt disparaître ces symptômes (puisqu'elle comble le manque), le médecin et le patient sont persuadés que c'est non pas le syndrome de sevrage, mais l'état naturel du patient qui est en cause, et qu'il a donc besoin de ce traitement sur le long terme pour pouvoir fonctionner normalement. Au lieu d'être interrompu, le traitement aux benzodiazépines est donc maintenu, alors même que le patient est désormais dépendant - et c'est cette dépendance, essentiellement physique, conjuguée à une mauvaise compréhension du syndrome de sevrage, interprété comme un pur phénomène de "rebond", qui explique que les durées de prescription de benzodiazépines dépassent très fréquemment les durées légales."

Source: http://benzodiazepines.onlc.fr/index.php?page=4

 

 

 

 

19.10.2010

19. "Tu ne vas pas nous faire ça! "

Automne 2007

"Tu ne vas pas nous faire ça? "

Depuis quelques jours ma décision était prise, j'allais me sevrer de ces substances qui ruinaient ma vie depuis treize ans. J'allais me débarrasser de cette dépendance aux anxiolytiques et aux antidépresseurs même si aucun médecin ne souhaitait m'aider.

L'emprise de la psychiatrie sur les treize premières années de ma vie d'adulte devait prendre fin.

Je voulais reprendre ma liberté coûte que coûte.

N'ayant pas trouvé de soutien auprès du corps médical, je tentais d'en obtenir auprès de mes proches. Mais lorsque je leur fis part de ma décision d'arrêter de prendre ces médicaments, mes proches ne furent pas du tout contents. Une des phrases qui résume bien l'avis de ma famille à ce sujet est celle de ma grand-mère:

"Tu ne vas pas nous faire ça ! "

Cette phrase est lourde de sens. Elle montre à quel point mes proches étaient convaincus que je souffrais d'une maladie mentale. A quel point les médecins de l'hôpital psychiatrique de Nant leur avaient fait peur treize ans auparavant et à quel point ils avaient soufferts de me voir aussi mal depuis des années.

Leur attitude face à ma décision de soigner ma dépendance aux médicaments m'attrista, mais en même temps, je savais qu'ils ne me seraient d'aucune aide dans ma démarche, puisqu'ils avaient toujours écouté l'avis des psychiatres plutôt que le mien.

Dans ma famille, on ne remet jamais en cause l'avis des "gens instruits": Un médecin ne se trompe jamais et il est mal venu de le contredire.

En ce mois de septembre 2007, je me retrouvais à nouveau bien seule face à mon envie d'arrêter de prendre mes comprimés de Tranxilium. Seul mon conjoint décida de me soutenir dans ma démarche.

Je coupais donc les ponts d'avec mes proches. Comme ils ne m'invitaient plus aux dîners de famille, ni aux anniversaires, ni aux repas de fêtes depuis plusieurs mois déjà, ce ne fut pas très difficile de les tenir éloignés.

En ce mois de septembre 2007, je me retirais chez moi pour entamer mon sevrage.

Heureusement, j'avais quand même une personne à mes cotés, mon conjoint.

Je diminuais très gentiment ma dose de Tranxilium quotidienne. Je prenais 6 comprimés par jour avant le début de mon sevrage et je ne pouvais pas arrêter d'en prendre du jour au lendemain.

Je passais de 6 à 5 comprimés de Tranxilium et même avec une si petite diminution le manque se fit cruellement sentir....

 

... à suivre

 

 

14.10.2010

17. Réactions paradoxales

Année 2006

En cette année 2006, je venais de fêter mes 30 ans.

Cela faisait douze ans que je prenais des neuroleptiques, des antidépresseurs et/ou des anxiolytiques suite à l'hospitalisation ambulatoire en unité psychiatrique que j'avais subie au cours de ma dernière année de gymnase à l'âge de 18 ans.

J'avais bien tenté d'arrêter de prendre ces médicaments psychiatriques à plusieurs reprises, mais je n'y étais jamais parvenue à cause de la dépendance que j'avais développée à ces produits.

A cette dépendance qui durait depuis plus de 11 ans était venue s'ajouter la tolérance au médicament. Ainsi, il me fallait augmenter les doses pour obtenir le résultat des premières prises et calmer les symptômes de manque.

Au début, lorsque la tolérance à un médicament apparaissait, les psychiatres m'en prescrivaient un autre. J'étais ainsi passée d'un médicament psychiatrique à un (ou plusieurs) autre(s) pendant dix ans.

Mais depuis une année, je n'avais plus eu la force d'aller voir un psychiatre. Je n'en pouvais plus de chaque fois faire face à des personnes qui n'en avaient rien à faire de ma souffrance et de ma dépendance à leurs produits.

A chaque fois que j'allais voir un nouveau psychiatre, je nourrissais le fol espoir que ce dernier serait celui qui m'aiderait à arrêter de prendre ces produits. Malheureusement, la seule chose qu'il me proposait, était de changer de médicament et non de l'arrêter.

N'ayant plus changé de médicament depuis plus d'une année, la tolérance que j'avais développée à ce dernier m'avait conduite à en prendre de plus en plus pour éviter de souffrir de l'effet de manque.

A la fin de l'année 2006, je prenais jusqu'à 6 comprimés de Tranxilium par jour. Je me les faisais prescrire par ma généraliste.

Bien évidemment, j'allais de plus en plus mal.

Je commençais à prendre beaucoup de poids, je perdais la mémoire de façon catastrophique, mon raisonnement et ma logique n'étaient plus que de vagues souvenirs.

Je tenais des discours de plus en plus incohérents et mon sommeil n'était plus du tout réparateur même si je passais plus de seize heures par jour à dormir. Une fatigue chronique s'était installée depuis plusieurs années et je n'arrivais pas à en venir à bout

Tous ces effets secondaires n'avaient fait que s'amplifier depuis dix ans et je commençais même à souffrir d'effets paradoxaux très lourds.

Je souffrais d'une anxiété généralisée, d'agoraphobie, de nervosité, d'agitation, d'excitation, d'irritabilité, d'agressivité et de rage irrationnelle.

Cette rage fit peur à mes proches et la plupart coupèrent les ponts d'avec moi.

Comme je supportais de moins en moins bien de me retrouver seule, je décidais d'en parler avec ma généraliste.

J'avais fait quelques recherches sur Internet et j'avais associés mes réactions paradoxales à une nouvelle maladie psychiatrique: L'état limite ou pathologie Borderline.

Mes émotions étaient tellement exacerbées par la prise de Tranxilium que mon état ressemblait tout à fait à la description des personnes Borderlines.

Ma généraliste me donna une adresse à Prangins où une psychiatre spécialiste des Borderlines me reçu.

Bien évidemment, elle confirma que mon exacerbation émotionnelle était le signe clinique de la pathologie Borderline.

Je lui demandais de m'aider à me soigner, mais elle me répondit que comme je n'avais pas fait de tentative de suicide, elle ne pouvait pas me prendre en charge. Le réglement de l'établissement était très clair à ce sujet, seules les personnes ayant commis une ou plusieurs tentatives de suicide pouvaient être admises dans cet établissement.

Je me retrouvais une fois de plus sans aide face à mes problèmes de dépendance et de tolérance aux médicaments psychiatriques, ainsi que face aux nombreux effets secondaires et paradoxaux que ceux-ci entraînaient.

Je retournais donc voir ma généraliste pour qu'elle continue à me prescrire mes doses quotidiennes de Tranxilium.

Je ne savais plus vers qui me tourner pour trouver de l'aide et je me retrouvais de plus en plus seule, ma famille ne supportant plus de me voir dans cet état de délabrement avancé.

A la fin de cette année 2006, je ne sortais plus de chez moi que pour aller chercher ma prescription de Tranxilium...

 

... à suivre

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Information:


"Réactions paradoxales aux benzodiazépines

 

 

Les effets paradoxaux des benzodiazépines

Les effets paradoxaux des benzodiazépines (effet contraire à l’effet recherché) sont à distinguer des effets secondaires (aussi appelés effets indésirables). Ces derniers peuvent être gênants ou même dangereux pour la santé, ils ne sont pas pour autant appelés paradoxaux. Ils sont souvent bien identifiés par les médecins (ainsi la perte de mémoire) et par le patient, car ils n’entretiennent aucun rapport avec la situation qui a conduit le patient à prendre la benzodiazépine et le médecin à la prescrire.

Les effets paradoxaux en revanche sont bien plus compliqués à reconnaître car ils sont mal identifiés par le patient et son médecin. Ils sont bien souvent interprétés comme une dégradation autonome de l’état du patient, ce qui conduit à la poursuite du traitement (ou à l’augmentation des doses), alors que c’est précisément le traitement qui aggrave l’état du malade.

Le cercle vicieux s’enclenche alors, la poursuite du traitement ou l’augmentation des doses entraînant une nouvelle aggravation de l’état du patient, à nouveau mal interprétée, et ainsi de suite.

Bien souvent, c’est le patient qui identifiera, le premier, cet effet paradoxal. Les médecins sont trop peu informés de l’existence -et de l’occurrence somme toute assez fréquente- de ces effets paradoxaux et ils refusent souvent l’interprétation que le patient fait de son propre état de santé. Ceci place le patient dans une position impossible, tant en raison de sa situation très dégradée que de l’état de dépendance dans lequel il se trouve déjà engagé.

Les effets paradoxaux sont pourtant indiqués sur les notices des benzodiazépines (même s’ils sont naturellement minimisés pour les raisons que l’on sait). Ils varient souvent d’une benzodiazépine à l’autre et d’un patient à l’autre.

Les effets paradoxaux des benzodiazépines sont les suivants :
-aggravation (ou apparition) de l’insomnie
-aggravation (ou apparition) de l’anxiété, du trouble panique, du trouble d’anxiété généralisée
-aggravation (ou apparition) de la nervosité, de l’agitation
-aggravation (ou apparition) de phobies (ainsi l’agoraphobie, la phobie sociale, les peurs irrationnelles)
-aggravation (ou apparition) de l’hypomania, de l’excitation
-aggravation (ou apparition) de l’agressivité, de l’hostilité, d’une rage irrationnelle
-aggravation (ou apparition) de l’hyperactivité
-aggravation (ou apparition) de spasmes musculaires, du syndrome des jambes / bras qui bougent tous seuls (Restless Leg syndrome), de tremblements
-aggravation (ou apparition) de cauchemars, rêves très mouvementés

Une personne ayant expérimenté une des réactions paradoxales aux benzodiazépines est très susceptible de les connaître presque toutes si elle n’est pas avertie du risque et poursuit son traitement (ou l’augmente).
Les études varient quant à leur appréciation du pourcentage de personnes susceptibles de connaître un effet paradoxal aux benzodiazépines (les estimations les plus basses l’évaluent à 1 pour mille, les plus hautes à 5 pour cent). "

 

Source: http://benzodiazepines.onlc.fr/index.php?page=6

 

06.09.2010

15. Errance 2003-2004

Année 2003

Je prenais quotidiennement des médicaments psychiatriques depuis 1994 et j'avais développé une dépendance à ces substances.

Malheureusement, je n'avais toujours pas pris conscience de l'existence de cette dépendance physique et les médecins m'assuraient depuis neuf ans qu'il n'existait pas de problème de ce genre avec ces produits.

Les différents psychiatres qui m'avaient suivis depuis mon passage à l'unité psychiatrique ambulatoire de la fondation de Nant, m'avaient chaque fois prescrit un traitement médicamenteux différent. Ainsi, depuis neuf ans, j'avais constamment dû changer de psychotropes. J'avais notamment dû prendre du Nozinan, du Melleril, du Tranxilium, de l'Effexor, du Deroxat, du Xanax, du Truxal, du Deanxit, du Risperdal, de l'Haldol...

Et la liste est encore longue....

Depuis cette fameuse année 1994 où ma vie avait basculée dans l'enfer de la psychiatrie à cause d'un banal surmenage lors de ma dernière année de gymnase (=lycée), j'avais de plus en plus de mal à supporter les effets néfastes des traitements médicamenteux que les psychiatres m'obligeaient à suivre.

Depuis 1994, ma vie était gouvernée par la psychiatrie. J'avais bien essayé de reprendre ma liberté vis-à-vis d'elle en tentant par deux fois d'arrêter de prendre des médicaments, mais la dépendance que mon corps avait développé à ces substances ne m'avait pas permis de m'en affranchir.

J'étais complètement prisonnière de la psychiatrie.

J'avais tenté de mener à bien mes projets malgré l'omniprésence de la psychiatrie dans ma vie, mais à chaque fois, cette discipline m'avait fortement freinée dans leur réalisation.

Devoir vivre avec la pléthore d'effets secondaires que produisaient sur moi les psychotropes était très invalidant. Le plus problématique de ces effets néfastes était certainement la dépendance.

Un des autres très gros problèmes engendrés par la prise chronique de ce genre de médicaments était la tolérance aux produits.

En 2004, cela faisait dix ans que j'étais médicamentée et après tant d'années de prises quotidiennes de psychotropes, mon corps avait développé une tolérance à ces substances.

Je prenais du Tranxilium et du Deroxat depuis quelques mois et je commençais à sentir le manque entre deux prises. Selon la prescription du médecin, je devais prendre un comprimé de chaque tous les matins, mais à partir de vingt heures le soir, la sensation de manque se faisait durement sentir.

Je passais des nuits atroces. Les douleurs dues au manque m'empêchaient de dormir et je me levais toujours plus tôt pour prendre "ma dose". Après quelques semaines à ce régime là, je commençais à prendre un deuxième comprimé de Tranxilium le soir pour pouvoir supporter les symptômes de manque.

Cela me soulagea en temps, car je ne ressentis plus l'effet de manque le soir et je pus dormir un peu.

Malheureusement, ce sommeil n'avait rien de réparateur. En effet, plus tard j'appris que la plupart des psychotropes supprimaient une des phases du sommeil. Ainsi, je dormais plus de dix heures par nuit, mais je me réveillais chaque jour encore plus fatiguée que la veille.

En fait, depuis dix ans que j'avalais quotidiennement au moins un médicament psychiatrique, il n'y avait pas un jour où je ne me sois pas sentie épuisée. La suppression d'une phase de sommeil lors de la prise de ces produits avait généré chez moi cette fatigue chronique. Fatigue que les psychiatres avaient bien sûr mise sur le compte de ma soi-disant dépression chronique.

J'avais développé une dépendance et une tolérance aux médicaments prescrits par les psychiatres et en cette année 2004, je n'en pouvais plus. J'étais à bout. Je n'arrivais plus à supporter d'être tombée si bas.

J'avais perdu toute confiance en moi et je me laissais aller. Je n'avais en fait plus la force de me battre pour retrouver une vie sans médicament.

Je ne ressentais pratiquement plus rien. C'était comme si j'avais perdu l'usage de mes cinq sens. La seule sensation que je pouvais encore ressentir, c'était la douleur. J'avais donc commencé à me faire tatouer plus que de raison pour me sentir vivante, car mon corps ne répondais plus qu'à ce type de stimulus. Pour le reste, j'étais comme anesthésiée.

Il faut dire que tout mon corps fonctionnait "de travers" depuis plusieurs années. Par exemple: Je ne pouvais pas me mettre ne serait-ce qu'une minute au soleil sans avoir des maux de tête, des bouffées de chaleur et suer abondamment.

Toutes les nuits, je transpirais énormément et j'avais des crampes.

J'avais également tout le temps faim et je devais souvent me lever la nuit pour aller manger quelque chose.

Je n'avais plus d'équilibre et je tombais souvent.

J'avais aussi des problèmes d'allergie cutanée.

Des problèmes de mémoire étaient bien présents et il m'était devenu totalement impossible de me concentrer.

Je n'arrivais plus à supporter ces souffrances au quotidien, d'autant plus qu'elles n'avaient fait qu'empirer depuis dix ans.

Je voyais aussi mon conjoint continuer son cursus universitaire, alors que moi j'avais dû faire une croix dessus.

En 2004, il terminait son doctorat à l'EPFL, pendant que moi je m'éloignais de plus en plus des chemins de la réussite. Nous avions eu le même parcours jusqu'en 1995 (année du baccalauréat) et dix ans après, la psychiatrie m'avait broyée, tandis que lui décrochait un poste d'enseignant chercheur.

C'était dur de voir mon conjoint pleinement réussir là où j'avais totalement échoué.

Mais ce qui était encore plus dur à accepter, c'était d'être devenue une épave bourrée de médicaments et de ne plus avoir la force de me battre pour me sortir de cet état.

Je n'avais plus aucune estime de moi, je me détestais au point de ne même plus vouloir me battre pour retrouver cette vie que j'avais avant et que j'avais tant aimée.

En fait, j'étais arrivée à la limite de ce que je pouvais encaisser psychiquement et physiquement et je n'avais plus la force de supporter la moindre douleur due à l'effet de manque.

De toute façon à quoi bon lutter, je n'arrivais pas à me débarrasser de ces substances dont les effets secondaires s'aggravaient de jour en jour et mon avenir était fortement compromis si je continuais à prendre ces produits.

Je commençais doucement à baisser les bras et à me dire que je devrais supporter toute ma vie d'être dans cet état. Je ne me voyais plus d'avenir, tant tout était devenu difficile à faire sous l'emprise de ces drogues.

Ainsi en 2004, j'étais sur le point d'abdiquer face à la toute puissante psychiatrie en laissant les psychotropes prendre le contrôle définitif de ma vie...

à suivre...

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Information Wikipédia:

"Le Clorazépate est un médicament de la famille des benzodiazépines. Il est utilisé pour ses propriétés anxiolytiques, anticonvulsivantes et sédatives.

Le Clorazépate est commercialisé sous la marque Tranxène® ou Tranxilium® par les laboratoires Sanofi-Aventis."

Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Clorazépate

 

Informations:

Tolérance et dépendance aux benzodiazépines:

"L'usage des benzodiazépines peut provoquer l'apparition d'effets secondaires et/ou paradoxaux conduisant souvent à une mauvaise interprétation de l'état de santé du patient, qui implique le maintien d'un traitement inadapté.

Par ailleurs, si cet usage est prolongé, il peut susciter une tolérance de l'organisme ainsi que l'apparition d'une forte dépendance physique. A l'arrêt du traitement, des symptômes de sevrage apparaissent dans un grand nombre de cas, qui sont à nouveau l'objet d'autant de diagnostics erronés pouvant conduire à la reprise du traitement - qui a pourtant déjà signalé son inefficacité, voire sa nocivité.

[...]

La tolérance est l'autre facteur principal de l'aggravation de l'anxiété ou de l'insomnie sous benzodiazépines. La tolérance est le mécanisme suivant lequel le cerveau s'habitue à l'effet du produit, ce qui conduit le patient à augmenter les doses pour obtenir l'effet initial. Contrairement à une idée reçue, et largement répandue par les professionnels de santé qui préfèrent incriminer le patient plutôt que le produit qu'ils prescrivent si largement, le patient n'est pas coupable de ces augmentations - il n'est pas dans une conduite toxicomaniaque mais se retrouve contraint à augmenter les doses pour fonctionner normalement.

La tolérance à l'effet hypnotique (qui induit le sommeil) des benzodiazépines intervient en quelques semaines, de même que la tolérance aux somnifères, ce qui explique que de nombreuses personnes finissent par prendre une boîte entière de Stilnox ou d'Imovane pour trouver le sommeil. La tolérance à l'effet anxiolytique (qui provoque la relaxation) prend plusieurs mois. Il n'existe pas de tolérance à l'effet amnésique des benzodiazépines, ce qui explique que les détériorations cognitives causées par les benzodiazépines, loin de s'atténuer avec le temps, persistent et s'aggravent lorsque le traitement est poursuivi.

Lorsqu'une personne atteint un stade de tolérance au produit, elle se retrouve non seulement contrainte à augmenter les doses - mais bien souvent c'est en pure perte : la benzodiazépine ou le somnifère ont cessé d'être efficaces et le manque ne tarde pas à apparaître. Il n'est donc pas rare qu'un patient souffre de symptômes de sevrage alors même qu'il est sous traitement en raison de l'apparition de la tolérance - mais à nouveau, les médecins interprètent cette anxiété ou cette insomnie comme endogène et nécessitant le maintien du traitement, ou l'introduction de nouveaux psychotropes - alors que le sevrage est la seule solution viable à long terme."

Source: http://www.benzodiazepines.onlc.fr/

 

31.08.2010

13. Années 1996-1999

Automne 1996

J'avais 20 ans, je venais d'être déclarée invalide par un psychiatre et je n'avais pas réussi mes examens de première année en biologie. Je prenais tous les matins un antidépresseur depuis deux ans et j'avais déjà tenté par deux fois de ne plus prendre de médication psychiatrique.

Les cours à l'Université avaient repris. Je m'ennuyais, car je n'apprenais rien de nouveau puisque j'avais redoublé. Au bout de trois mois à ce rythme j'abandonnais la fac!

Je n'eus pas le courage de me représenter aux examens de peur d'échouer à nouveau et de ne plus jamais pouvoir m'inscrire dans une branche de la faculté des sciences, car après deux échecs dans une faculté, il n'est plus possible de s'y inscrire.

A l'été 1997, j'étais de nouveau complètement perdue. Je ne savais plus ce que je devais faire. Mais, je ne supportais plus de ne rien faire. Je décidais donc d'aller voir mon conseiller AI pour qu'il me propose une activité.

Je lui dis que je voulais travailler et que comme j'étais à l'AI maintenant, on m'avait conseillé de m'adresser à lui.

Il me dit qu'il allait tout faire pour me trouver une place dans un de leurs ateliers. Je lui transmis mon Curriculum Vitae pour qu'il puisse trouver l'activité la mieux adaptée à mes compétences. Sur mon CV, figuraient mon certificat de fin d'école obligatoire, ma maturité fédérale scientifique et plusieurs de mes petits jobs d'étudiante (saisie dans une base de données, appuis scolaires, caissière dans une station essence, nettoyage de bâtiments, etc...).

Mon conseiller AI me proposa alors un travail de saisie de facturation dans un établissement protégé à Vevey. J'étais contente qu'il m'ait trouvé un travail de saisie, car ce genre de boulot m'avait toujours convenu.

Le lundi suivant, je me rendis dans l'établissement en question. Dès mon arrivée, les éducateurs me dirent que je ne pouvais pas faire de la facturation, car pour pouvoir accéder à un tel poste, il fallait bien connaître l'informatique. Je leur dis que j'avais déjà effectué ce genre de travail, mais ils me dirent que je ne pouvais pas le faire un point c'est tout.

Ils me proposèrent une autre activité. Ce travail consistait à mettre des petits morceaux de bois dans un bout de carton de papier de toilette pour fabriquer des calumets. L'activité en elle-même n'était pas très intéressante, mais là n'était pas le problème.

Le problème s'était d'être considérée comme une arriérée mentale. Les autres personnes qui faisaient ces calumets étaient des trisomiques et des attardés mentaux. Donc, l'éducateur me parlait comme si j'avais trois ans et ne voyait pas que je n'avais pas de problème de retard mental.

Mais, il y avait plus grave. A cette même activité participaient une femme d'une cinquantaine d'années atteinte de sclérose en plaque et un jeune homme d'une vingtaine d'années qui avait perdu l'usage de ses jambes dans un accident de la route. Ces deux personnes étaient là depuis plusieurs semaines et visiblement, elles commençaient à avoir de la peine à supporter d'être traitées comme des attardées.

C'était terrible pour moi de voir ces deux personnes obligées de passer toutes leurs journées dans de telles conditions.

Le jour suivant, les éducateurs me changèrent d'activité. Ils me placèrent dans le service de blanchisserie de l'établissement. Je passais ainsi les jours suivants à trier le linge sale sous les ordres d'une trisomique. Ce fut très dur d'être rabaissée à ce point. J'étais considérée comme quelqu'un de plus limité qu'une personne trisomique...

Je ne tins pas plus de deux semaines. C'était trop humiliant d'être considérée de la sorte.

Je retournais voir mon conseiller AI qui me proposa une autre activité, aussi dans un établissement protégé, mais cette fois à Lausanne.

Dans cet établissement, je devais coller des étiquettes sur des enveloppes. Jusque là pas de problème. Certes, le travail n'était pas intéressant, mais au moins ça occupait. Mais c'était à nouveau la façon dont les éducateurs me traitaient qui était lourde à supporter. A nouveau, ils me parlaient comme à une attardée, car les autres personnes l'étaient.

De plus, je n'étais pas rémunérée et je devais même payer pour accéder à ces postes.

Par conséquent, après avoir essayé de travailler dans ces établissements protégés, je décidais de me débrouiller seule, car visiblement toutes les activités que pourrait me trouver mon conseiller AI allaient ressembler à ça.

Je réfléchis à quelles pourraient être les emplois qui ne demanderaient que peu de temps de formation, mais qui offriraient un bon salaire. Mes réflexions me menèrent tout droit vers les emplois de l'informatique.

Je voulais devenir autonome au plus vite et pouvoir me débarrasser de l'AI. Je savais que pour me libérer de cette étiquette d'handicapée mentale, il fallait que je trouve un emploi qui "en jette", une profession "dans le vent" qui requièrent de bonnes capacités intellectuelles.

Dans les années nonante, les emplois dans le secteur de l'informatique avaient le vent en poupe et les personnes qui y travaillaient étaient considérées comme des personnes intelligentes.

Je m'inscrivis donc à l'école Virgile pour suivre une formation de PC Supporter SIZ. Tout au long de cette période de formation, je complétais mon curriculum vitae en passant diverses certifications CRVMI (Word, Excel, Access et Systèmes d'exploitation Windows 95/98 et NT4).

Ainsi, à la fin de l'année 1999, j'avais obtenues plusieurs certifications CRVMI et ma formation en tant que PC Supporter SIZ avançait bien.

Pendant ces trois ans, j'avais changé deux fois de psychiatre et à chaque nouveau psychiatre, il y avait un nouvel antidépresseur.

A la fin de cette année 1999, j'étais sous Deroxat, mais ça n'était pas mieux que lorsque je prenais de l'Effexor.

J'étais enchaînée à la psychiatrie à cause de ma dépendance aux antidépresseurs, mais je n'avais toujours pas pris conscience de l'existence de cette dépendance.

Je tentais tant bien que mal de me construire une vie professionnelle et affective malgré l'entrave que constituait la psychiatrie dans ma recherche de ces bonheurs.

Cependant, en 1996, j'avais trouvé l'amour auprès du garçon qui m'avait épaulée depuis la dernière année de gymnase et en 1999, j'avais pris mon indépendance en partant de chez ma mère pour vivre dans un studio.

 

à suivre...

 

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Information Wikipédia:

Deroxat (molécule active: paroxétine)

"La paroxétine est devenue l'un des antidépresseurs les plus prescrits en raison de son efficacité apparente dans le traitement de la dépression et d'un spectre de troubles de l'anxiété incluant les attaques de panique et les phobies. Sa prescription est actuellement controversée en raison des procédures en justice à l'encontre du fabricant.

Les effets secondaires de la Paroxétine se manifestent généralement entre la première et la quatrième semaine qui suivent la première prise ; il s'agit de la période pendant laquelle le corps s'adapte au médicament.

La paroxétine peut entraîner quelques-uns, tous ou aucun des effets indésirables décrits ci-après, et la plupart d'entre eux disparaissent ou s'atténuent en continuant le traitement ; cependant certains d'entre-eux peuvent ne pas disparaître pendant la période de traitement.

Par ailleurs, le médicament pourrait engendrer des idées suicidaires chez les adolescents. Aux États-Unis, la Food and Drug Administration a ordonné la saisie de plusieurs millions de comprimés de Paxil® en 2005. Ces effets secondaires sont souvent discutés mais ils inquiètent la communauté scientifique.

Effets secondaires :

  • Hyponatrémie
  • insomnie
  • Apathie (Apathie est un terme médical désignant un état de fatigue physique ou intellectuelle profond (mais le plus souvent réversible) se caractérisant par une indifférence à l'émotion et aux désirs.)
  • Dilatation de la pupille
  • Nausées
  • Tératogénicité : Ce médicament est déconseillé aux femmes enceintes en raison de possibles anomalies cardiaques
  • Somnolence
  • Maux de tête
  • Modifications du poids et de l'appétit
  • Changements du comportement sexuel
  • Augmentation des sentiments de dépression et d'anxiété (initialement)
  • Sècheresse de la bouche
  • Comportement agressif (surtout chez les enfants)
  • Malformations congénitales possibles
  • Erythème
  • Instabilité psychomotrice / akathisie
  • Démangeaisons
  • Déplétion (Sodium)
  • Sueurs
  • Idées suicidaires
  • Faiblesse musculaire
  • Douleurs musculaires
  • Niveaux d'agression inhabituels
  • Syndrome sérotoninergique

Les notices d'information aux patients sur la Paroxétine semblent varier d'un pays à l'autre."

30.08.2010

12. Eté 1996

Eté 1996

J'avais eu 20 ans quelques mois plutôt. Je n'avais pas réussi mes examens de première année à l'Université et j'avais été déclarée invalide par le psychiatre américain qui me suivait.

Je prenais toujours un antidépresseur (Effexor) quotidiennement et les effets secondaires que je ressentais en le prenant étaient de plus en plus durs à supporter.

J'avais des maux de tête, des maux d'estomac, des nausées, la bouche sèche, des problèmes intestinaux, des problèmes d'équilibre, des vertiges, des tremblements, des problèmes de sommeil, des problèmes de concentration et de mémorisation.

Tous ces effets secondaires que j'avais depuis presque deux ans maintenant, commençaient sérieusement à me gâcher la vie. C'était très fatiguant de supporter ses douleurs à longueur de journée. Je commençais réellement à en avoir marre.

J'en discutais régulièrement avec le psychiatre américain qui me suivait depuis plusieurs mois, mais ce dernier n'avait pas l'intention de changer quoi que ce soit dans la prescription de son traitement. J'avais beau lui dire que je ne ressentais aucune forme d'amélioration de mon humeur et que bien au contraire, depuis que je devais prendre des antidépresseurs, j'étais de plus en plus déprimée, angoissée et nerveuse et que finalement les seuls effets que je ressentais depuis que je prenais ces produits étaient leurs effets secondaires. Rien n'y faisait, il maintenait son traitement tel quel.

Depuis le début de cette année 1996, tous les entretiens que nous avions se résumaient ainsi: Moi je me plaignais de l'inadéquation du traitement médicamenteux et lui insistait sur le fait que je devais continuer à prendre de l'Effexor et que je devais absolument reconnaître que je souffrais d'une maladie grave.

Je fus donc soulagée quand arrivèrent les vacances d'été. Comme il partait en vacances, il y eu plusieurs semaines où je ne dus pas aller à ces entretiens psychothérapeutiques. Cela me permis de réfléchir un peu sur tout ce qui s'était passé depuis que j'étais entrée à l'Université.

En repensant à cette année scolaire écoulée, je me rendis compte que ma vie était de nouveau en train de sombrer. Je me sentais de plus en plus mal depuis que je devais prendre des antidépresseurs et les effets secondaires produits par la prise de ces substances devenaient difficiles à supporter.

Mon moral était en berne depuis que j'avais échoué à mon examen et les effets négatifs que produisaient ces antidépresseurs ne faisaient qu'amplifier cette sensation de mal-être et de décalage qui s'était installée dans ma vie depuis mon passage entre les mains des psychiatres de Nant.

Je n'avais plus aucune confiance en moi et je commençais même à douter de mon intégrité mentale.

Cependant, je ressentais quand même au fond de moi que quelque chose n'allait pas avec cette médication.

En effet, depuis que je devais prendre des médicaments psychiatriques, mon état de santé général n'avait fait que se détérioré. A aucun moment, je n'avais senti d'amélioration, que ce soit sur le plan psychique, sur le plan moral ou sur le plan physique. Bien au contraire, depuis deux ans, j'avais perdu mes capacités de concentration, de mémorisation et d'analyse et je souffrais de douleurs physiques et psychiques constantes (maux de tête, problèmes digestifs, tension musculaire,..., angoisse, dépression,...).

Ayant constaté que ces deux aspects de ma vie (capacités intellectuelles et santé physique) avaient été considérablement affectés depuis que je devais prendre des comprimés quotidiennement, j'en concluais que ça ne pouvait être que l'effet de ces substances sur mon organisme qui avait conduit à la dégradation de ma qualité de vie et non l'effet d'une hypothétique maladie mentale.

Ainsi, à la fin de l'été, je décidais de ne plus consommer ces substances qui étaient en train de ruiner ma vie.

C'était donc la deuxième fois que je tentais de me débarrasser de ces produits. Je savais également que si j'arrivais à m'en libérer, je ne serais plus obligée d'aller consulter un psychiatre. En effet, si j'étais retournée voir un psychiatre l'année précédente, c'était bien à cause d'un problème de médication. C'était donc cette médication qui me liait à la psychiatrie. Sans elle, je serais à nouveau libre.

Dans ma tête, l'équation s'écrivit ainsi: Si je ne prenais plus d'antidépresseurs, je n'aurais plus besoin d'ordonnance, donc je ne serais plus obligée d'aller voir un psychiatre pour les obtenir et ainsi ma liberté me serait rendue.

Ce que je ne savais toujours pas à ce moment-là, c'est que l'on pouvait devenir dépendant à ces substances et qu'on ne s'en libérait pas comme ça. Je ne sus donc pas gérer l'état de manque que l'arrêt provoqua et je me retrouvais rapidement devant le psychiatre qui me sermonna et m'obligea à reprendre mes antidépresseurs.

Après cette deuxième tentative d'arrêt, le psychiatre me convainquit que si j'avais été si mal pendant les quelques semaines que j'avais passées sans prendre d'Effexor, c'était parce que la maladie avait pu reprendre le dessus, qu'elle n'était plus contrôlée par le médicament et que c'était bien la preuve que je souffrais d'une grave dépression. (En fait, plus tard, j'appris que la plupart des psychiatres n'admettant pas l'existence d'une dépendance aux antidépresseurs, interprètent les symptômes dus à un état de manque comme étant une recrudescence de la maladie pour laquelle ils traitent leur patients au départ).

A quelques semaines de la reprise des cours, j'en étais toujours au même point en ce qui concernait les antidépresseurs. J'allais donc devoir m'accommoder de ce traitement et des problèmes quotidiens qu'il occasionnait. J'allais également devoir retourner à ces entretiens psychothérapeutiques stériles à cause de cette médication douteuse qui me liait à mon psychiatre.

Eh oui, ainsi fonctionne la psychiatrie...

 

à suivre...

 

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Information:

(*) "[...] De façon générale, les médecins ont une formation pharmacologique très limitée, et le fonctionnement des psychotropes leur échappe en grande partie. Leur réflexe consiste à attribuer presque systématiquement l'aggravation de l'état du patient à sa personnalité propre, à sa fragilité psychologique, et à écarter d'emblée et définitivement toute responsabilité du médicament qu'ils ont prescrit - ce qui peut se comprendre, tant il est difficile d'admettre qu'un médicament peut rendre malade, et par dessus tout un médicament qu'on a prescrit soi-même. [...]"

source: http://www.benzodiazepines.onlc.fr/

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Information Wikipédia:

Effexor (molécule active: venlafaxine)

Effets secondaires courants:

Les réactions au venlafaxine peuvent différer d'une personne à l'autre. En cas d'effets indésirables, consulter un médecin ou un pharmacien.

  • Perturbation du sommeil
  • Nausées (21-35%)
  • Maux de tête (34%)
  • Apathie
  • Constipation
  • Colon irritable
  • Étourdissements (11-20%)
  • Fatigue
  • Insomnie (15-23%)
  • Vertige
  • Bouche sèche (12-16%)
  • Impuissance
  • Baisse de la libido (14-34%)
  • Transpiration excessive (10-14%)
  • Acouphènes
  • Hypotension orthostatique
  • Rêves vifs/anormaux (3-7%)
  • Actions impulsives
  • Augmentation de la pression sanguine
  • Perte d'appétit(8-20%)
  • Sensations de choc électrique ("Brain zaps" en anglais)
  • Augmentation de l'anxiété en début de traitement
  • Akathisie (Agitation) (3-4%)
  • Pertes de mémoire

 

Effets secondaires moins courants:

  • Arythmie cardiaque
  • Augmentation du cholestérol
  • Flatulence ou maux d'estomac
  • Euphorie
  • Vision anormale
  • Crises de panique
  • Dépression
  • Idées suicidaires
  • Confusion
  • Syndrome malin des neuroleptiques
  • Tremblements
  • Somnolence
  • Réactions allergiques cutanées
  • Saignements externes
  • Endommagement de la moelle osseuse (thrombocytopénie, agranulocytose)
  • Hépatite
  • Pancréatite
  • Convulsions
  • Dyskinésie tardive
  • Difficulté d'avaler
  • Psychose
  • Perte de cheveux
  • Hostilité
  • Activation de manie/hypomanie.
  • Perte de poids (problématique lors du traitement de patients souffrant d'anorexie mentale)
  • Gain de poids (effets incertains, mais problématique lors du traitement de gens atteints de dysmorphophobie).
  • Idées meurtrières
  • Agressivité
  • Dépersonnalisation
  • Hallucinations visuelles
  • Gencives gonflées et/ou qui saignent
  • Mictions fréquentes
  • Vomissements

 

Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Venlafaxine

 

27.08.2010

11. Printemps 1996

Printemps 1996

Depuis le mois de septembre 1995, je suivais des cours à la faculté des sciences de l'Université de Lausanne. Quelques mois après le début de cette rentrée universitaire, je souffris de l'arrêt de la prise des médicaments qui m'avaient été prescrits à Nant.

Suite à cet état de manque, je me retrouvais à nouveau suivie par un psychiatre, mais cette fois dans un cabinet privé et non plus en clinique psychiatrique.

Ce psychiatre, un américain, me prescrit de l'Effexor à la place des neuroleptiques que je devais prendre depuis mon passage en unité psychiatrique ambulatoire.

Ce psychiatre voulait également me déclarer invalide à 100%. Je ne savais pas si c'était à cause du coût des traitements ou tout simplement parce qu'il considérait réellement que j'étais malade qu'il voulait prendre de telles mesures.

Quoiqu'il en soit, au printemps 1996, année de mes 20 ans, je devenais rentière AI à 100%.

Au mois de juin de cette année-là, allaient avoir lieu les examens clôturant ma première année de cours en biologie à l'Université.

Tout au long de l'année, j'avais assisté avec assiduité aux cours et aux travaux pratiques. Ma camarade de TP et moi, n'avions obtenus que des A à nos rapports de travaux pratiques. Il faut dire qu'un de mes amis qui m'avait déjà aidée à rattraper mon retard en dernière année de gymnase, m'aidait à bien comprendre le contenu du TP avant que l'on doive le réaliser ma "binôme" et moi. Cet ami ne suivait pas des cours à l'Université, mais avait entrepris un cursus en section mécanique à l'EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne).

Ainsi nous nous voyions lui et moi pendant les pauses de midi ou après les cours et il m'aidait à préparer la partie théorique des travaux pratiques. Parfois, il m'aidait aussi en mathématique ou en physique. Grâce à ce soutien très précieux, j'arrivais à intégrer le contenu des cours rapidement et ce malgré mes lacunes.

En fait, j'avais accumulé du retard en mathématiques, en physique et en chimie au cours de mes années d'études dans le secondaire.

En effet, depuis la 6ème année scolaire, je n'avais plus accordé beaucoup de temps à l'école, j'avais préféré passer du temps avec une bande de copines. Nous étions cinq filles, toutes dans la même classe. On s'entendait merveilleusement bien et on avait décidé que l'école s'était une perte de temps.

J'avais passé des moments géniaux en compagnie de ces filles, car elles m'acceptaient comme j'étais c'est-à-dire non-fumeuse, non-buveuse et qui ne se droguait pas. Elles, elles buvaient, fumaient et se droguaient, mais elles ne m'obligeaient pas à le faire.

Ensemble, nous faisions les quatre cents coups et notre amitié grandissait à chaque bêtise.

Nous passions tellement de temps entre nous, que nos notes n'ont fait que baisser depuis la 6ème année scolaire. Ainsi, en 9ème année, deux d'entre nous se retrouvèrent en échec scolaire et les trois autres eurent juste la moyenne. J'étais une des deux filles en échec et je redoublais donc en compagnie d'une amie. Parmi les trois autres, deux décidèrent de faire un apprentissage et la dernière poursuivit ses études en allant au gymnase.

Le fait de redoublé m'ennuyait, mais je décidais que c'était l'occasion de rattraper le retard que j'avais accumulé depuis plus de trois ans. J'arrêtais donc les sorties avec ces quatre amies et je me mis à étudier pendant tous mes temps libres.

Ce fut également dans cet état d'esprit que je commençais le gymnase l'année suivante après avoir réussi ma neuvième et dernière année scolaire obligatoire.

J'arrivais donc à l'Université avec encore quelques lacunes, mais qui étaient insignifiantes. Je les comblais facilement grâce à l'aide de cet ami qui m'épaulait depuis l'année précédente (année du bac).

J'avais fourni beaucoup d'efforts depuis quelques années pour rattraper le retard accumulé dans le secondaire et ça avait enfin payé: j'étais tout à fait à niveau et mes camarades de cours en biologie venaient souvent me demander de l'aide quand ils ne comprenaient pas quelque chose.

La seule chose qui me freinait dans mes études, c'était le traitement médicamenteux que je devais prendre et les séances de psychothérapie avec le psychiatre américain.

Une grande partie de mon énergie passait dans mon combat contre ces traitements psychiatriques.

Je menais en fait deux vies en parallèle. Une vie d'étudiante à l'Université et une vie de malade mentale invalide qui devait suivre un traitement psychiatrique. J'essayais de bien cloisonner les deux afin que la psychiatrie ne vienne pas gâcher ma vie estudiantine.

Mais c'était difficile, car dans ces deux mondes diamétralement opposés, les gens avaient une image de moi bien différente. Ainsi, à l'Université, j'étais une étudiante comme toutes les autres, qui assistait avec assiduité aux cours et qui était toujours prête à donner un coup de main. Alors que dans l'univers psychiatrique, j'étais considérée comme une malade mentale qui ne voulait pas voir à quel point elle était atteinte.

C'était très dur d'être considérée comme une moins que rien par le psychiatre qui me suivait. Après chaque entretien, je me sentais incomprise et rabaissée et je me mettais à douter de plus en plus de ma santé mentale.

A chaque rendez-vous, je doutais de plus en plus de mes capacités, ce qui fit que lorsque les examens arrivèrent, je n'avais plus aucune confiance en moi.

Le premier examen, examen de chimie organique, finit d'achever mon capital confiance. Moi qui connaissais par coeur le support de cours de cette branche, je me retrouvais devant des questions qui n'avaient rien à voir avec le contenu du cours.

Mes camarades m'avaient dit quelques semaines avant le début des examens, que pour l'examen de chimie organique, il fallait apprendre par coeur les réponses des épreuves des cinq années précédentes. Je m'étais donc procuré ces fameuses épreuves, mais comme leur contenu n'avait rien à voir avec ce que nous avions vu pendant les cours, je me dis qu'ils s'étaient certainement trompés et que l'examen porterait sur le livre que le professeur nous avait indiqué comme support de cours.

J'avais donc appris quasiment par coeur le contenu de ce livre et aucunes des questions de cet examen de chimie organique ne portait sur ce que j'avais révisé.

Le décalage entre ce que le professeur avait enseigné au cours et ce qu'il demandait à l'examen me fit perdre pied.

Je me présentais aux autres examens en étant complètement déboussolée et j'échouais mon année.

Au début de cet été 1996, tout un pan de ma vie venait de s'écrouler.

Tout ce que je voyais alors, c'était que j'étais incapable de réussir quoi que ce soit. J'avais échoué à l'école (échec en 9ème année), au gymnase (anxiété qui m'avait conduite en psychiatrie) et maintenant à l'Université. Je commençais à me dire que peut-être le psychiatre avait raison, que je ne serai jamais normale et que c'était lui qui avait vu juste en me déclarant invalide à 100%.

Peut-être fallait-il que j'accepte que je ne serai jamais comme les autres et que cela venait d'une maladie mentale comme me le disaient les psychiatres depuis deux ans?

 

à suivre...

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